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Entreprises / Actions / Vivendi / Bolloré / Havas / Canal+ / universal music group

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Vivendi / Bolloré / Havas / Canal+ / universal music group

Pour Vivendi, 2023 pourrait être l’année de l’OPA de Bolloré / Havas et Canal+ devraient continuer à soutenir les résultats

Malgré une lourde perte nette, les résultats 2022 de Vivendi ont dépassé les attentes, soutenus par des performances meilleures qu’attendu de Havas et Canal+. L’année 2023 pourrait se révéler transformante à bien des égards pour l’entreprise, entre le feu vert réglementaire espéré pour un rachat de Lagardère, et surtout le possible lancement d’une OPA de Bolloré sur le groupe de médias et de divertissement.
Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, et Yannick Bollore, PDG d'Havas et président du conseil de surveillance de Vivendi - Eric TSCHAEN/REA
Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de Vivendi, et Yannick Bollore, PDG d'Havas et président du conseil de surveillance de Vivendi - Eric TSCHAEN/REA

Les apparences peuvent être trompeuses. La perte nette de 1 milliard d’euros annoncée par Vivendi au titre de l’année 2022 contraste évidemment avec le bénéfice historique de quasi 25 milliards d’euros de 2021, qui avait été gonflé par la plus-value liée à la déconsolidation de 70% d’Universal Music Group. Mais elle apparaît surtout secondaire.

Factuellement, elle résulte de la décision du groupe de ne plus comptabiliser Telecom Italia (TIM) comme une participation mise en équivalence. La mise à la juste valeur des titres Telecom Italia a entraîné une perte liée à la déconsolidation d’un peu plus de 1,3 milliard d’euros. Le groupe industriel intégré dans les médias et les contenus a considéré qu’il n’exerçait plus une influence notable sur le premier opérateur transalpin, eu égard à la démission de ses deux représentants au conseil d’administration. Cette mise en retrait lui permet de garder son libre arbitre dans le combat que se livrent la Caisse des dépôts italienne (CDP) alliée à la société d’investissement australienne Macquarie, et le fonds d’investissement américain KKR, pour le rachat d’une participation majoritaire dans le réseau fixe de TIM.

 

Havas et Canal+ en vedette

 

Il ressort ainsi surtout des résultats 2022 de Vivendi, hors éléments exceptionnels, qu’ils sont meilleurs qu’attendu. Le chiffre d’affaires, en hausse de 10,1% à 9,6 milliards d’euros, a dépassé les attentes, principalement grâce à la croissance plus forte qu’anticipé des revenus du groupe publicitaire Havas et à la performance de Canal+, dont l'augmentation importante du nombre d’abonnés a surpris.

Le résultat opérationnel ajusté (EBITA), en hausse de 35,6% à 868 millions d’euros, excède, lui aussi, le consensus des analystes, qui se situait à 830 millions d’euros, "principalement en raison de l'amélioration de la rentabilité de Canal+, dont le résultat opérationnel ajusté de 515 millions d'euros est supérieur à notre estimation de 485 millions d'euros", constate UBS.

D’ailleurs, "les meilleurs résultats que prévu d'Havas et de Canal+ à l’exercice 2022 se répercuteront sur les exercices 2023 à 2025", prévoit la banque suisse, qui estime que le groupe enregistrera une croissance annuelle moyenne de son chiffre d’affaires et de son EBITA de 2% et 7% respectivement sur la période.

Aussi bonnes soient-elles, ces tendances opérationnelles passent cependant après, en termes d’importance, trois grands dossiers non encore aboutis : l'opération de rachat de Lagardère (combinée à la cession d'Editis), la saga Telecom Italia et le fait que la participation de Vincent Bolloré dans Vivendi dépassera le seuil des 30% du capital en septembre si le groupe respecte bien le calendrier d'annulation de vingt-quatre mois pour les actions d'autocontrôle.

 

Réduire la décote

 

Sur le premier point, alors que la Commission européenne a ouvert fin novembre une enquête approfondie sur le rachat de Lagardère, le groupe ne semble pas douter d’une issue positive. "Vivendi "poursui[t] un dialogue constructif avec la Commission européenne dans la perspective de l'approbation de notre projet de rapprochement avec Lagardère dans les prochains mois", a indiqué mercredi le groupe, qui "continu[e] également de discuter avec les potentiels repreneurs d'Editis".

S’agissant de Bolloré, la vente réalisée à la fin de l’année dernière de la logistique africaine pour 5,7 milliards d’euros a renforcé les attentes de simplification de la structure de l’empire de l’homme d’affaires. A commencer par Vivendi. Il se trouve justement que le groupe doit annuler 42 millions d'actions au second semestre 2023 : 2 millions d'ici juillet, puis 37 millions d'ici septembre et 3 millions d'ici octobre. Ce qui signifie que Groupe Bolloré, qui détient 29,5% de Vivendi actuellement, franchirait mécaniquement, en théorie, le seuil de 30% en septembre, l’obligeant légalement à lancer une offre publique d’achat (OPA).

Un scénario qui permettrait de s’attaquer sérieusement à la réduction de la décote de conglomérat de l’entreprise. Ladite décote atteint 47% par rapport à l’actif net réévalué de l’entreprise selon les calculs d’UBS, pour qui Vivendi recèle "une valeur profonde", qui ne demande donc qu’à mieux être révélée.

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