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Vivendi / universal music group / Yannick Bolloré / Editis
Vivendi renoue avec la croissance très rentable
C’est un chiffre d’affaires consolidé en progression de 5,6% à taux de change et à périmètre comparable que le groupe Vivendi a publié au titre de l’exercice 2019. Un chiffre qui cache la très forte croissance de l’activité musicale (+ 14%) qui compte pour près de la moitié du volume d’affaires et qui intègre pour près de 700 millions d’euros la consolidation des ventes du groupe Editis acquis en 2018.
En termes de résultat, c’est encore Universal Music qui tire la croissance de Vivendi. À tel point que son résultat opérationnel courant, en forte hausse, représente les deux tiers du 1,7 milliard de profit opérationnel dégagé par le groupe que préside Yannick Bolloré. En termes d’Ebitda c’est encore plus net. Même s’il faut les profits très satisfaisants des deux autres piliers du groupe Canal + et Havas.
Tout cela permet à Vivendi d’afficher un résultat net part du groupe de 1,58 milliard d’euros sans comparaison possible avec le très mince bénéfice de 2018. Sur la base de comptes retraités, Vivendi estime que son résultat net ajusté marque une hausse de 50,5% à 1,74 milliard d’euros.
En termes bilanciels Vivendi affiche une dette consolidée de 4,1 milliards d’euros liée aux acquisitions réalisées et au cash nécessité par les rachats d’actions (2,66 milliards d’euros). Mais le groupe a – on le sait – conclu un accord magistral avec le chinois Tencent permettant à ce dernier d’acquérir 10% d’Universal Music, la pépite de Vivendi sur la base d’une valorisation de 30 milliards d’euros pour la totalité du capital de cette filiale. Par ailleurs Tencent a la possibilité d’acquérir, sur la même base de prix, jusqu’à 10% supplémentaires du capital d’UMG jusqu’au 15 janvier 2021. Cet accord sera prochainement complété par un deuxième, permettant à Tencent Music Entertainment d’acquérir une participation minoritaire au capital de la filiale d’UMG regroupant ses activités chinoises.
Mais Vivendi ne compte pas en rester là puisque le groupe fait part de la poursuite des négociations relatives à l’éventuelle cession de participations minoritaires supplémentaires, dont l’engagement, sur la base minimum d’une valorisation de 30 milliards d’euros, avait été annoncé le 31 décembre 2019. Huit banques ont été mandatées par Vivendi pour l’accompagner à cette fin. Une introduction en Bourse est prévue au plus tard début 2023. Le cash récolté à cette occasion pourrait être utilisé pour un programme de rachat d’actions ainsi que des acquisitions.
Au cours des 14 derniers mois, Vivendi a reversé au total 3,5 milliards d'euros à ses actionnaires, dont 3,3 milliards d'euros payés en 2019. Notamment par le rachat d’actions à hauteur de 8,85% du capital à la date de mise en œuvre du programme. De fait, en 2019, Vivendi a annulé un total de 130,9 millions d'actions, soit 10% du capital. Au 13 février 2020, Vivendi détient directement 22 millions de ses propres actions, soit 1,85% du capital à cette date, dont 19,1 millions d’actions adossées à l’annulation et 2,9 millions d’actions adossées à la couverture de plans d’actions de performance. Ce programme se poursuit jusqu'au 17 avril 2020 pour le solde de 15 millions d'actions à racheter à un prix maximum de 25 euros par action.
Lors de l’Assemblée générale du 20 avril 2020, les actionnaires seront notamment appelés à voter sur deux résolutions qui concernent des rachats d’actions : la première proposera le renouvellement de l’autorisation donnée au Directoire par l’Assemblée Générale de l’an passé de procéder à des rachats d’actions à un prix maximum de 26 euros par action, dans la limite de 10% du capital social et la seconde concernera le renouvellement de l’autorisation donnée au Directoire de procéder à une Offre Publique de Rachat d’Actions (OPRA) à un prix maximum de 26 euros par action, dans la limite de 30% du capital social et d’annuler les actions acquises. Par ailleurs les actionnaires recevront un dividende de 0,60 euro par action au titre de 2019. Ce qui représente une hausse de 20% par rapport au dividende distribué au titre de 2018 (0,50 euro par action).
Toutes ces opérations auront pour conséquence d’accroître la part du groupe Bolloré au capital de Vivendi. Reste à savoir si comme cela a été le cas lors du rapprochement entre Havas et Vivendi, l’industriel breton bénéficiera d’une dérogation lui permettant de franchir le seuil de 30% des droits de vote sans avoir à lancer une OPA.
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