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Universal Music Group : le casse-tête de Tencent
Au mois d’août dernier, après de nombreux mois de suspense, Vivendi avait créé la surprise en annonçant qu’il était entré en négociations exclusives pour vendre 10% de sa filiale Universal Music Group au chinois Tencent, pour une valorisation de 30 milliards d’euros. Et une option pour monter à 20% du capital ultérieurement. Or aujourd’hui, le conglomérat tech, qui détient des participations dans Ubisoft, Tesla, Spotify ou Snap et pèse plus de 400 milliards de dollars en Bourse, a bien du mal à trouver un partenaire pour cette aventure.
Selon le Financial Post, Tencent serait en pourparlers avec le fonds de Singapour - GIC - et d’autres fonds souverains, alors que les grands fonds de private equity anglo-saxons ont passé leur tour. Ainsi, KKR et Hellman & Friedman seraient sortis des négociations en raison du niveau de valorisation, mais aussi de leur volonté d’obtenir une plus grande part et un accès à la gouvernance, ce que Vivendi n’était pas prêt à accorder. Cela aurait obligé GIC à engager des discussions avec d’autres fonds publics pour boucler ce tour de table, afin d’éviter un échec de l’opération. Selon les dernières discussions, Vivendi pourrait vendre de 20 à 30% du capital à Tencent, accompagné par un consortium de fonds souverains. La signature pourrait avoir lieu en janvier, le temps d’obtenir tous les feux verts de la part de ces institutionnels.
Cette opération sera donc à suivre de près car elle parachève le partenariat entre Tencent, qui distribue déjà le contenu du label Universal Music sur ses plateformes de streaming depuis deux ans. Le label de Rihanna, Drake et Justin Bieber n’a donc pas pâti de ses déboires concernant un incendie qui aurait endommagé de vieux enregistrements des Beatles et des Rolling Stones, et qu’il aurait sous-évalué. Et gagne ici un précieux actionnaire pour se développer en Chine. Une sortie par le haut pour Vincent Bolloré, qui pourrait engranger sur le succès incontestable de sa filiale de musique.
Surtout, cette transaction constituerait le plus gros investissement dans un média européen de la part d’un acteur chinois. De quoi mettre du baume au cœur des acteurs de l’Empire du Milieu, alors que les deals M&A de chinois à l’étranger ont plongé à leur plus bas niveau depuis 10 ans, sur fond de tensions commerciales avec les États-Unis.
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