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Warner Music, ou le feu vert des IPO aux États-Unis
Le mouvement de protestation contre les violences policières raciales, qui est devenu un véritable raz-de-marée depuis quelques jours aux États-Unis, aura certes retardé l’IPO de Warner Music au Nasdaq, mais elle n’a pas impacté son succès. Le label de musique a même demandé à ses banquiers de retarder d’un jour la fixation de son prix d’entrée mardi, par respect et solidarité envers ce mouvement, dans le cadre du Blackout Tuesday. Au final, le groupe a réussi à placer 77 millions d’actions (contre un objectif initial de 70 millions) à un prix de 25 dollars par titre, soit en haut de sa fourchette d’estimation de 23 à 26 dollars, et a levé un total de 1,93 milliard de dollars. Soit la plus grosse IPO de l’année aux États-Unis, devant celle de la biotech PPD en juin (pour 1,63 milliard de dollars).
Pour rappel, Warner Music – qui est le troisième éditeur de disques mondial derrière Universal Music et Sony Entertainment Group – était entré en Bourse en 2005 de façon bien plus chaotique : un prix d’entrée de 17 dollars, contre une fourchette initiale de 22 à 24 dollars, soit une valorisation de 2,4 milliards de dollars. Six ans plus tard, le fonds Access Industries le sortait de la cote à un prix de 3,3 milliards de dollars. Aujourd’hui, le groupe, qui produit notamment les artistes Ed Sheeran, Bruno Mars, Cardi B, Lizzo ou encore Katy Perry, revient sur le devant de la scène dans un contexte certes difficile, mais où il a fait la preuve de son nouveau business model.
Car si les grands labels de musique pâtissaient de la chute drastique des ventes de disques il y a encore quelques années, le monde de la musique s’est totalement transformé avec l’essor du streaming et de toutes les plateformes type Spotify ou Apple Music, qui offrent de nouvelles sources de revenus pérennes aux artistes. Le premier trimestre a certes été difficile pour Warner Music, avec des revenus en baisse de 1,7 % et une perte de 74 millions de dollars. Et dans un rapport, Goldman Sachs attend une chute de 30 % de l’industrie cette année, mais un fort rebond des événements live en 2021, et une hausse moyenne de 6% par an sur la prochaine décennie, à 142 milliards de dollars. Autant de perspectives de croissance à long terme que les investisseurs ont choisi de retenir lors de cette IPO.
Cet accueil est en tout cas une très bonne nouvelle pour Vivendi, qui avait annoncé en février dernier son projet d’IPO sur sa filiale Universal Music d’ici à 2022. Bien sûr, la maison-mère a le luxe du temps, d’autant qu’elle a déjà monétisé son actif en ouvrant 10% du capital à un consortium emmené par Tencent en début d’année, à une valorisation de 30 milliards d’euros. Mais cette IPO, et la performance de Warner Music dans les prochains mois, sera suivie de près pour déterminer le meilleur timing d’une entrée en Bourse d’Universal Music.
Aux États-Unis, c’est en tout cas l’effervescence. Après trois mois de paralysie totale, le marché des IPO américaines connaît sa semaine la plus active de l’année : le groupe de données marketing ZoomInfo entrera également en Bourse demain et a déjà relevé sa fourchette pour lever près de 900 millions de dollars, tandis que deux biotechs veulent collecter 450 millions de dollars. Signe que malgré le coup violent porté à l’économie mondiale de la crise Covid-19 et la flambée du chômage, les investisseurs restent optimistes sur ces acteurs et sur la vigueur de la reprise, comme en témoigne le rebond des marchés depuis plusieurs semaines.
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