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Vivendi / umg / universal music group / Scandale

Un scandale pour pas grand-chose

Universal Music Group s'est bien caché de signaler un incendie qui a fait brûler des centaines de bandes audio. La remontée du cours de Vivendi confirme ce que WanSquare décryptait, beaucoup de bruit pour rien.

Vivendi l'avait annoncé en mai, les formalités de rigueur étaient bouclées pour céder une participation dans sa maison de disques Universal Music Group. Les investisseurs, déjà gagnés par la fébrilité en raison de la longueur du processus, vont être déçus car le groupe contrôlé par Vincent Bolloré intègre une nouvelle inconnue à l'équation, les conséquences judiciaires d'une affaire un peu particulière. Des centaines d'artistes réclament leurs enregistrements originaux qui auraient tous péri lors d'un incendie il y a dix ans, dissimulé par la maison de disques. La scène musicale perd les premières maquettes de grands du jazz comme Sidney Bechet, des rockers classiques dont The Who et des piliers de la soul disco comme The Pointer Sisters. 

En réalité, c'est surtout la réputation d'UMG qui va en prendre un coup, et dans une bien moindre mesure, le projet de vente du milliardaire. La plupart des enregistrements ont bien sûr été copiés numériquement et rien ne devrait être véritablement perdu. Les artistes invoquent l'incident comme un frein à l'édition de versions avec une meilleure qualité de son, mais le savoir-faire d'UMG est tel qu'il est peu probable que l'argument vaille. Et de toutes les façons, la valeur d'UMG ne dépend pas de ses archives, mais bien de sa capacité à vendre de nouveaux enregistrements qui plaisent.

Le retard estimé dans la procédure de cession par Vivendi de ses parts dans UMG a très légèrement joué sur le cours du groupe de médias et de divertissements, qui perdait un peu plus de 2 % le jour où l'affaire a été révélée. Depuis, le cours remonte à un niveau encore supérieur à ce qu'il valait avant le "scandale". Le marché ne semble pas convaincu de la force de frappe des artistes qui demandent à être indemnisés, les investisseurs préférant croire au potentiel d'UMG, qui a fait état d'un chiffre d'affaires de 3,46 milliards d'euros au titre des trois premiers mois de l'année, en hausse de près de 6 %, supérieur à ce que prévoyaient les analystes. Vivendi attendra que l'orage passe avant de vendre, et si l'on croit les prévisions exceptionnelles du marché mondial de la musique pour 2020, le groupe profitera d'une meilleure valorisation d'UMG. Finalement, cet incendie, c'est peut-être un mal pour un bien. 

 

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