WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
wells fargo ceo scandale comptes frauduleux

Evenements / Wells Fargo / CEO / Scandale

Evenements
Wells Fargo / CEO / Scandale

Wells Fargo : l’heure de vérité de l'ancien CEO

Dans l’affaire des comptes frauduleux de Wells Fargo, l’ex-CEO John Stumpf a écopé d’une amende de 17,5 millions de dollars, est interdit d’exercer dans le secteur bancaire et d’autres sont poursuivis. Cela sera-t-il suffisant pour éviter ce genre de dérapage ?
Wells Fargo
Wells Fargo

"Vous devriez démissionner, vous devriez rendre l’argent", avait asséné Elizabeth Warren, sénatrice du Massachussets, lors de l’audition au Congrès du PDG de Wells Fargo, John Stumpf, en plein scandale des pratiques commerciales frauduleuses découvertes au sein de la banque. Un peu plus de trois ans plus tard, la candidate à l’élection présidentielle a obtenu gain de cause. L’OCC (Office of the Comptroller of the Currency), le régulateur des banques du pays, a publié jeudi un accord à l’amiable avec l’ancien patron de Wells Fargo, aux termes duquel ce dernier a écopé d’une amende de 17,5 millions de dollars et de l’interdiction d’exercer dans le secteur bancaire, en échange de l’abandon des poursuites le concernant. M. Stumpf, estime l'OCC, a manqué à son devoir de supervision et n'a pas cru bon de s'informer suffisamment sur les pratiques commerciales, ignorant "de nombreux signaux d'alarme". Le directeur administratif et le directeur des risques ont eux aussi conclu un accord et accepté de payer 3,5 millions de dollars d’amende.

Pour rappel, l’affaire avait éclaté à l’automne 2016, lorsque des médias ont révélé que des milliers d’employés de Wells Fargo se livraient à des pratiques commerciales frauduleuses, en faisant souscrire des clients à des cartes de crédit sans les consulter. Ce scandale avait mis à jour une politique très agressive en interne avec des quotas commerciaux irréalistes demandés par les hauts dirigeants, qui ont nourri le système. Ils avaient alors blâmé les employés subalternes et procédé à des licenciements. La même OCC avait alors condamné Wells Fargo à une amende de 185 millions de dollars, et John Stumpf avait démissionné, laissant sa place au directeur financier.

L’amende n’est pas lourde au regard de ce qu’a payé la banque, mais aussi par rapport à sa rémunération au cours de ses 12 ans comme CEO. John Stumpf touchait par exemple près de 20 millions de dollars par an entre 2013 et 2015 avant que l’affaire n’éclate, et surtout a touché un chèque de 130 millions de dollars lors de son départ, même s’il a été poussé à la sortie.

Cet épilogue servira-t-il de leçon de responsabilisation aux dirigeants de Wells Fargo ? Charles Scharf, qui est arrivé à la tête de la banque en octobre dernier, a encore du pain sur la planche, a jugé l’OCC à l’été dernier. Le régulateur a estimé que la banque n’avait pas encore assez fait sur les rémunérations, notamment sur la mise en place de garde-fous pour éviter de nouveaux dérapages. Mais aussi qu’elle ne traitait pas assez vite les plaintes RH des salariés et devait renforcer son pouvoir de reprise sur les rémunérations. À titre d’exemple, Wells Fargo avait réduit les émoluments de John Stumpf et de Carole Tolstedt, l’ex-responsable de la banque de détail, de 69 et 67 millions de dollars. Cette dernière est d’ailleurs encore poursuivie pour son implication, les autorités lui réclamant 25 millions de dollars.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article