Banques / Wells Fargo / Amende / SEC
Banques
Wells Fargo / Amende / SEC
Wells Fargo : 3 milliards pour tourner la page
Depuis que l’ancien CEO de Wells Fargo John Stumpf avait écopé, le mois dernier, d’une amende de 17,5 millions de dollars et d’une interdiction d’exercer dans le secteur bancaire pour son rôle dans l’affaire des comptes frauduleux, le monde bancaire attendait le sort qui serait réservé à la banque. Vendredi, la SEC – le gendarme boursier américain – et le Département de la Justice américain ont tranché : la banque basée à San Francisco devra s’acquitter d’une amende de 3 milliards de dollars pour solder ce très lourd scandale, qui avait éclaté en 2016. Par ailleurs, Wells Fargo s’est engagé à mettre en place un fonds de 500 millions de dollars pour dédommager les investisseurs lésés à l'époque de ce scandale. Enfin, les autorités se sont réservées le droit de poursuivre à nouveau la banque au plan pénal si elle se rendait à nouveau coupable de tels faits.
Pour rappel, entre 2002 et 2016 – soit une période exceptionnellement longue – des employés de la banque commerciale ont ouvert des comptes, des cartes de crédit et même transféré l’argent de clients à leur insu, pour atteindre des objectifs commerciaux considérés depuis comme irréalistes. Loin de condamner ces pratiques, le management de la banque prenait en exemple les employés les plus performants pour mettre toujours plus de pression sur leurs commerciaux et a même cherché à cacher la vérité à ses actionnaires, puis à étouffer le scandale en licenciant les employés concernés. En 2016, l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency), le régulateur des banques du pays, avait déjà condamné la banque à une amende de 185 millions de dollars pour ces mêmes faits, et poussé le CEO à la démission.
Cette sanction finale est certes bien plus importante et pourtant elle est loin du montant record jamais prononcé par les autorités du pays envers une banque. On se souvient bien sûr de l’amende de 8,8 milliards de dollars prononcée contre BNP Paribas en 2015, pour des faits pourtant bien plus contestables. Même du côté de Wells Fargo, il ne s’agit pas de la plus grosse sanction de l’histoire : en 2012, dans le cadre des amendes prononcées contre cinq grandes banques US pour leurs pratiques illégales sur les marchés hypothécaires ayant abouti à la crise, la banque avait écopé d’une facture de 5,35 milliards de dollars. Au total, elle a ainsi payé 18 milliards de dollars d’amendes depuis la crise de 2008, et d’autres poursuites sont encore en cours.
Il reste qu’avec cet accord, le nouveau CEO Charles Scharf, en place depuis octobre dernier, solde enfin ce dossier noir et qui a largement entaché la réputation de la banque. Mais ce n’est que le début : en 2018, la Fed a pris une mesure extraordinaire à l’encontre de la banque après ses mauvaises conduites, en lui a interdisant de faire croître ses actifs tant qu’elle n’aurait pas démontré avoir amélioré son fonctionnement. Un défi immense pour le nouveau patron, qui n’a pas encore dévoilé comment il comptait montrer patte blanche aux autorités du pays.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

