Banques / Wells Fargo / JP Morgan / Goldman Sachs / Gouvernance / Etats-Unis
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Wells Fargo / JP Morgan / Goldman Sachs / Gouvernance / Etats-Unis
Personne ne veut aller chez Wells Fargo
Rien ne va chez Wells Fargo. La banque américaine ne trouve toujours pas de candidats pour remplacer Timothy Sloan qui, après 31 ans de maison, a démissionné en mars dernier. Le conseil d'administration de Wells Fargo aurait approché plusieurs grands banquiers comme William Demchak, le directeur général de PNC Financial Services, Richard Davis, l'ancien PDG d'US Bancorp ou encore Gordon Smith, coprésident de JP Morgan Chase et patron de la banque de détail. Mais d'après le Wall Street Journal, aucun n'a voulu relever le défi.
Il faut dire que diriger la quatrième banque des États-Unis est loin d'être une sinécure. Depuis le scandale des millions de faux comptes en 2016, les problèmes s'accumulent pour Wells Fargo. Son nouveau patron devra se démultiplier pour réhabiliter la réputation de la banque et survivre aux différentes enquêtes diligentées par les agences fédérales de contrôle.
En attendant, Wells Fargo navigue à vue. Les affaires courantes sont gérées par Allen Parker, l'avocat de la banque et ancien du cabinet Cravath, Swaine & Moore, qui fait office de CEO par intérim. Une situation bancale et rare pour une société de la taille de Wells Fargo, qui en plus a mis des semaines avant de mandater un cabinet de recrutement. Le directeur financier de la banque John Shrewsberry avait bien fait figure de prétendant idéal, mais au vu des remontrances de l'OCC (Office of the Comptroller of the Currency), le gendarme américain des banques, et de la Fed - qui ont jugé insuffisantes les réponses apportées aux dysfonctionnements de la banque -, le conseil d'administration avait écarté l'idée d'une promotion interne.
La succession de Timothy Sloan est également rendue compliquée par les prises de position d'actionnaires influents. Ainsi, Warren Buffet, le patron du fonds Berkshire Hathaway qui avec 9 % est le principal actionnaire de la banque, s'est prononcé contre l'embauche de toute personne venant de Wall Street et ne voit pas non plus d'un bon œil qu'elle vienne de JP Morgan ni de Goldman Sachs. En parallèle, Wells Fargo s'est engagée à soumettre la nomination de son futur patron à l'approbation de l'OCC, qui a donné ses directives sur le profil de dirigeant qu'elle escomptait. Au vu de tout cela, trouver une personnalité qui conviendrait à toutes les parties semble désormais une vraie gageure.
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