Fusions, Acquisitions / Wells Fargo / CEO / Warren Buffett
Fusions, Acquisitions
Wells Fargo / CEO / Warren Buffett
Wells Fargo peut-il se sortir de l’impasse ?
Cela ne sera pas suffisant pour redorer le blason de Wells Fargo, mais c’est déjà un premier pas dans la bonne direction. Mardi, la banque américaine a annoncé la vente de sa filiale de services de retraite à Principal Financial, un spécialiste du secteur, pour 1,2 milliard de dollars. "Cette vente reflète la stratégie de Wells Fargo de concentrer nos ressources sur des domaines où l’on peut grandir et maximiser nos opportunités dans la gestion de fortune, le brokerage et la gestion d’actifs", a indiqué Jon Weiss, patron de l’activité gestion de fortune et investissement de Wells Fargo.
Des propos qui ont le mérite de mettre en exergue les priorités stratégiques de la banque américaine, en pleine crise d’identité. Pour rappel, le CEO de Wells Fargo, Tim Sloane, qui avait pris les rênes de l’institution en plein scandale des comptes frauduleux en 2016, a annoncé son départ à la retraite il y a seulement dix jours. Une annonce surprise, mais qui à y regarder de plus près, n’est pas si étonnante dans la mesure où le patron était de plus en plus vivement critiqué pour son incapacité à transformer la banque. Le régulateur américain lui-même envisageait de monter au créneau pour changer la gouvernance, en vertu de ses pouvoirs exceptionnels sur cette banque, dont elle a interdit la croissance des actifs à titre temporaire.
Aujourd’hui, Wells Fargo est à la croisée des chemins. Le directeur juridique a pris le rôle de CEO par interim, et le board a en charge de trouver la perle rare, pour redresser les comptes de la banque. Après être sortie quasiment indemne de la crise financière, la quatrième banque US en termes d’actifs a misé agressivement sur sa croissance dans les années suivantes, si bien qu’elle a même enregistré un résultat net supérieur au géant JP Morgan en 2014 et est devenue la première banque en capitalisation boursière pendant un temps.
Mais la révélation des milliers de comptes frauduleux aux dépens de ses clients et d’une politique commerciale a ébranlé durablement l’établissement, qui a vu toutes ses activités chuter l’an passé et son profit reculer de 3 % sur quatre ans, alors que ses pairs bénéficiaient à plein de la réforme fiscale de l’administration Trump. D’où la décision de réduire drastiquement les coûts, et un plan d’économies de 4 milliards de dollars d’ici la fin de l’année via notamment la fermeture de 5.600 agences.
Mais outre la réduction de la voilure, il y a peu de chances pour que Wells Fargo mette en place un plan stratégique ambitieux et visionnaire tant qu’elle n’aura pas trouvé son prochain CEO. Warren Buffett, actionnaire de référence de la banque, a déjà prévenu qu’il ne souhaitait pas que le prochain patron vienne d’un concurrent ou de Wall Street, ce qui risquerait d’attiser encore l’animosité des politiciens et du régulateur. Wells Fargo n’a certes pas amélioré son cas lorsqu’il a annoncé, dans la foulée du départ du CEO, son augmentation de 5 % pour ses "résultats financiers solides".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

