Publications, Résultats / Warren Buffett / Berkshire Hathaway / Rachats d'actions
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Warren Buffett / Berkshire Hathaway / Rachats d'actions
Quand Warren Buffett est à court de deals
De prime abord, les résultats trimestriels de Berkshire Hathaway publiés samedi dernier sont assez flamboyants. La firme d’investissement de Warren Buffett a vu son résultat opérationnel doubler très exactement, pour atteindre 6,88 milliards de dollars entre juin et septembre, soit bien mieux que les 6,11 milliards attendus par le consensus. Mais cela est à attribuer non à la performance de ses participations cotées, mais à celle de son activité d’assurance - celle qui lui a permis d’étendre son empire grâce à la résilience des primes. Alors qu’elle avait pâti des trois ouragans aux États-Unis et du tremblement de terre à Mexico l’an passé, son activité d’assurance a cette année vu ses responsabilités limitées et a surtout bénéficié de la réforme fiscale, ce qui lui a permis de dégager un profit de 441 millions de dollars, contre une perte de 1,4 milliard de dollars l’an passé à cette période. De quoi faire bondir le résultat net de 335 % à 18,5 milliards de dollars.
Pourtant, ses participations dans l’énergie, les utilities, les produits financiers ou encore le retail ont également bien performé sur le trimestre. "C’est incontestablement l'un des meilleurs trimestres publiés par toute entreprise américaine", a même assuré Bill Smead, patron de Smead Capital Management et actionnaire de Berkshire Hathaway. Mais le diable est dans les détails et dans ce cas-ci, un détail à 928 millions de dollars : c’est le montant des rachats d’actions engagés par le groupe de Warren Buffett sur le trimestre, une première depuis décembre 2012.
L’oracle d’Omaha avait déjà ouvert la porte à de nouveaux rachats d’actions en juillet dernier, lorsqu’il a décidé d’abandonner une règle selon laquelle sa firme ne pouvait pas racheter ses titres pour plus de 1,2 fois sa valeur comptable. Aujourd’hui il passe à l’action, mais cela trahit également son incapacité à mettre au travail son immense réserve de cash, qui a atteint 103,6 milliards de dollars à fin septembre. Sa dernière acquisition remonte à janvier 2016, lorsqu’il a acheté Precision Castparts, un fabricant de pièces détachées pour avions, pour 32 milliards de dollars. Mais faute de cibles à des multiples attractifs pour un acheteur, Warren Buffett a pris le parti de booster son cours de Bourse et d'acheter ses titres à un niveau de valorisation intéressant, soit une pure opération "value".
S’il a toujours été réticent à verser un dividende à ses actionnaires, l’investisseur de 88 printemps est en revanche convaincu que des rachats d’actions au bon prix et moment permettent aux dirigeants d’investir dans leur activité et de récompenser des investisseurs de long terme. Il a d’ailleurs massivement investi dans Apple, qui a lancé un programme de 100 milliards de dollars de rachats de titres, et est convaincu que si le titre baisse - comme cela est le cas depuis ses résultats jeudi dernier - cela lui permet de racheter ses titres à plus bas prix, et lui est donc favorable. Reste que cette première campagne de rachats de titres pour une firme d’investissement réputée pour ses vues long-termistes, en dit long sur la pénurie de deals offrant un couple risque-rendement intéressant dans le marché actuel.
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