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La valse des CEO s’accélère, de plus en plus en raison de scandales

Selon une étude annuelle de PwC sur le succès des CEO, 17,5 % d'entre eux ont quitté leurs postes l’an passé, un record tiré notamment par l’Europe. De plus en plus de patrons sont poussés vers la sortie, notamment en raison de scandales de corruption ou de harcèlement sexuel.
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Si l’accession au poste de CEO d’une entreprise prend souvent de longues années, les heureux élus y restent de moins en moins longtemps. C’est l’enseignement que l’on peut tirer de la dernière étude annuelle de PwC intitulée "Strategy and CEO success", selon laquelle 17,5 % des patrons des 2.500 plus grandes entreprises mondiales ont quitté leur poste l’an passé, soit une hausse de 3 points sur un an et un record historique depuis que l’étude a été lancée. Ainsi, si un CEO pouvait espérer rester en moyenne plus de huit ans en fonction en 2000, leur longévité moyenne n’est plus que de cinq ans, selon PwC.

Plus frappant encore, ces chiffres sont encore plus élevés en Europe de l’Ouest : près d’un CEO sur cinq a tiré sa révérence l’an passé (19,8 %), soit 1,9 point de plus que le dernier record enregistré en 2015. Surtout, le nombre de départs forcés a nettement augmenté à 5,8 % contre 3 % en 2017, soit deux fois plus élevé que pour les États-Unis et Canada, et même bien au-dessus du niveau global (3,6 %). Or, si la moyenne mondiale est en ligne avec celle des 20 dernières années, les raisons de leurs départs ont évolué : pour la première fois, plus de dirigeants ont été remerciés pour des erreurs "éthiques" que pour leurs performances financières ou des différends avec le board. Ce mot englobe des scandales ou des comportements inappropriés du CEO, par exemple de la fraude, corruption, délit d’initiés, catastrophes environnementales, un CV gonflé ou des dérapages sexuels.

"La hausse de ce type de licenciement reflète plusieurs tendances sociétales et de gouvernance, notamment une intervention plus agressive des autorités légales et réglementaires, de nouvelles pressions pour engager la responsabilité sur le harcèlement et les agressions sexuelles à la suite du mouvement ‘Me Too’, et la plus grande propension des conseils à adopter une politique de tolérance zéro sur ces écarts de conduite", commente PwC. Qui fait aussi valoir que la présence plus importante des investisseurs activistes pourrait aussi être un facteur d’explication concernant l’accélération de la valse des patrons.

L’étude PwC est également l’occasion de pointer le manque d’avancée vers la parité du côté des CEO. L’an passé, 4,9 % des nouveaux CEO étaient des femmes, en baisse par rapport au record de 6 % l’année précédente et certes un progrès par rapport au seuil de 1 % il y a dix ans, en 2008. Si les hausses ont principalement concerné les pays émergents l’an passé, le cabinet de conseil ne peut que pointer les écarts sectoriels, aucune femme n’ayant pris le poste de numéro un dans l’industrie ou les technologies de l’information en 2018.

La rotation n’est pourtant pas la règle d’or, et 19 % des CEO en place dans ces 2.500 grandes entreprises le sont depuis plus de 10 ans, avec une longévité médiane de 14 ans. Dans ce cas de figure, la question de la succession d’un personnage emblématique est d’autant plus cruciale, et peut déterminer le succès ou la déconfiture d’un grand fleuron. PwC prend ainsi l’exemple de Tim Cook, qui a pris la suite du mythique Steve Jobs mais a finalement réussi à imprimer sa marque, et à générer un rendement annualisé impressionnant du titre, à 20,9 % depuis 2011. À l’inverse, lorsque Jeff Immelt, le CEO de GE depuis 17 ans s’est retiré, son successeur et vétéran du groupe John Flannery a lancé des mesures de restructuration mais n’a pas réussi à emporter l’adhésion, et a dû quitter son poste après seulement 14 mois en poste. De manière générale, les CEO de longue date ont mieux performé que leurs successeurs : 56 % sont dans les deux meilleurs quartiles, contre 37 % pour leurs dauphins, ce qui complique la tâche de ces derniers.

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