BCE : les plus et les moins des différents candidats
Si le nom du successeur de Mario Draghi n'est pas encore connu, une partie des dossiers qu'il aura sur la table forme, elle, déjà une pile. Sortie des taux négatifs, normalisation de la politique de taux, pérennisation et/ou adaptation des LTRO, dégonflement du bilan etc. Pour traiter ces différents points, il y a évidemment la patte du président de la BCE mais également de l'équipe qui l'accompagne, laquelle est aussi appelée à évoluer. Il y a donc le poste de Mario Draghi à pourvoir, mais aussi celui de l’économiste en chef Peter Praet et de Benoit Coeuré. Le vice-président Vitor Constâncio, ayant été remplacé en juin par l'ex-ministre des Finances espagnol Luis de Guindos. Dans une note publiée lundi par CPR AM, le stratégiste Bastien Drut fait le point sur les profils de candidats qui sortent pour l'instant du lot et sur les multiples critères à respecter. Entrent en jeu : les équilibres de nationalités, les anciens occupants, la représentation des femmes et bien sûr les compétences.
Qui sont les candidats dont le nom circule le plus ? Il y a le Finlandais Erkki Liikanen, les Français Benoit Coeuré, François Villeroy de Galhau et l'Allemand Jens Weidmann, qui ont une "longueur d'avance" pour succéder à Mario Draghi. Mais "il existe des points négatifs pour chacune de ces quatre personnes", souligne Bastien Drut. "Si Liikanen, Coeuré et Weidmann disposent d’une expérience significative de banquier central, c’est moins le cas de Villeroy de Galhau, qui ne dirige la Banque de France que depuis trois ans", explique l'auteur de la note.
Pour sa part, Erkki Liikanen aurait 69 ans lors de sa prise de fonction, ce qui ne plaiderait pas en sa faveur. Quant à Benoit Coeuré, il fait déjà partie du directoire de la banque centrale. "Or les mandats de huit ans sont théoriquement non-renouvelables et un aménagement ou contournement des règles serait nécessaire pour le voir succéder à Draghi. Désigner Jens Weidmann aurait l’inconvénient de faire monter le nombre d’Allemands au Directoire à deux (avec Sabine Lautenschläger), ce qui serait vraisemblablement mal perçu dans les capitales du sud de l’Europe. Enfin, Liikanen, Coeuré, Villeroy de Galhau ou Weidmann sont tous des hommes".
Quel que soit le nom du candidat retenu, il lui faudra montrer "une adhésion aux politiques menées par la BCE et des qualités de communication exceptionnelles semblent requises pour la présidence de l’institution". "Une parfaite compréhension des mécanismes économiques et financiers et une certaine minutie seront (aussi) nécessaires. Il est important que le futur président de la BCE incarne cette souplesse et ne soit pas dépassé par des questions idéologiques", poursuit Bastien Drut.
Pour ce qui est du poste d'économiste en chef, Bastien Drut mise sur celui qui est gouverneur de la banque d'Irlande depuis 2015, Philip Lane. "Lane est un macro-économiste mondialement réputé (qui a notamment publié dans la prestigieuse American Economic Review), qui a beaucoup travaillé sur les flux de capitaux internationaux (la plupart de ses travaux ont été réalisés avec l’économiste du FMI Gian Maria Milesi- Ferretti). Il apparaît donc comme le candidat idéal pour reprendre le poste de chef économiste de Peter Praet. Au passage, un autre point positif pour Lane est qu’aucun Irlandais n’a jusqu’ici siégé au Directoire", écrit le stratégiste.
Bastien Drut estime qu'aucune décision ne devrait être prise d'ici mai, date des élections européennes. Par ailleurs, en ce qui concerne le processus : les Etats membres de la zone euro proposent des candidats pour les postes à pourvoir. Une fois que l'Eurogroupe a fait son choix, le Conseil Européen consulte à la fois le Parlement européen et le Conseil des Gouverneurs de la BCE avant la nomination. Et la liste de candidats pourrait s'allonger.
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