Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / taux d'intérêt / Philip Lane / Isabel Schnabel
Macro-économie / Taux
Banque centrale européenne / taux d'intérêt / Philip Lane / Isabel Schnabel
Taux d’intérêt : des membres du directoire de la BCE sortent du bois / Ils plaident pour (au moins) une hausse supplémentaire
Le printemps ne devrait pas voir la Banque centrale européenne (BCE) mettre fin à son cycle de hausse des taux d’intérêt. C’est en tout cas l’avis de deux membres faisant partie de son directoire (six banquiers centraux composant le Conseil des gouverneurs ayant la capacité de voter à chaque réunion contrairement aux gouverneurs des Banques centrales nationales).
Isabel Schnabel et Philip Lane, chef économiste de l’institution de Francfort, sont tous deux favorables à ce que le taux d’intérêt de la facilité de dépôt augmente une nouvelle fois (il a augmenté de 350 points de base depuis juillet dernier et s’établit 3 %) ; cette décision sera prise à l’occasion de la prochaine réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs qui aura lieu jeudi 4 mai.
"En ce qui concerne la réunion de mai, nous avons clairement indiqué que la décision dépendra strictement des données. Nous allons donc examiner toutes les données disponibles à ce moment-là", a déclaré l’Allemande à Politico, avant de confier que "les données dont nous disposons jusqu’à présent montrent que l’inflation est plus élevée et que l’économie est plus résistante que prévu".
Les enquêtes de conjoncture expliquent que, portée par le dynamisme des services, la croissance de la zone euro serait en train d’accélérer tandis que les données publiées par Eurostat montrent que l’inflation sous-jacente (indicateur avancé de l’inflation globale qui exclut les composantes volatiles) ne fait que progresser – elle a atteint un record historique de 5,7 % sur un an en mars.
Ces éléments qui indiqueraient donc que "ce n’est pas encore le moment d’arrêter" les hausses de taux d’intérêt, a jugé de son côté Philip Lane, dans un entretien accordé au Monde.
La grande argentière a également reconnu que "nous voyons aussi les premiers signes de transmission de nos hausses de taux d’intérêt", dans un contexte où les coûts d’emprunt des entreprises de la zone euro ont été multipliés par plus de deux et demi en un an (les taux d’intérêt atteignent 4 %), mais aussi que "les récentes turbulences financières ont accru l’incertitude et sont susceptibles d’entraîner un nouveau resserrement des conditions de financement". De sorte que "cela doit certainement être pris en compte lors de l’évaluation de la transmission des mesures que nous avons déjà prises".
Globalement, "je dirais qu’il est clair que de nouvelles hausses de taux sont nécessaires", a-t-elle indiqué, précisant que "l’ampleur de ces hausses dépendra des données qui nous parviendront ". Interrogé hier sur le sujet, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a avancé pour sa part que "il peut y avoir besoin de quelques hausses supplémentaires, mais elles doivent à mon sens être limitées tant dans leur nombre que désormais dans leur taille".
D’après des informations de presse, un consensus serait en train d’émerger au sein du Conseil des gouverneurs pour qu’une hausse de 25 points de base ait lieu la semaine prochaine. Le marché anticipe qu’à son pic le taux de la facilité de dépôt atteindra 3,85 %.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

