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BCE : les milliards d’euros qu’elle a déversés
Il y a un an, la Banque centrale européenne (BCE) venait récemment de reprendre ses achats d’actifs afin de faire converger le taux d’inflation vers une cible qui ne cessait de se refuser à elle. Sur les deux premiers mois de l’année 2020, elle avait ainsi acheté pour 26,47 milliards d’euros d’actifs. Une paille comparativement à ce qu’elle vient d’injecter ces deux derniers mois. En effet, l’institution de Francfort a déversé pour 151,76 milliards d’euros sur les différents marchés obligataires depuis le début de l’année.
Ce qui explique l’énorme différence par rapport à l’année passée est bien évidemment la mise en place (mi-mars 2020) du programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) pour lutter contre la crise économique. Ce programme a transformé la BCE en un véritable glouton monétaire ; près des trois quarts des achats d’actifs effectués depuis le début de l’année l’ont été au titre du PEPP (112,960 milliards d’euros), le reste provenant de ses programmes d’achats d’actifs antérieurs à la crise pandémique (PSPP, CSPP, CBPP3, ABSPP). Au sein de ces derniers, les achats de dette publique ont représenté 75 % des achats d’actifs réalisés. L’Eurosystème a ainsi acquis, entre autres, pour 7,97 milliards d’euros d’obligations publiques allemandes, 7,59 milliards d’euros d’obligations publiques italiennes et 4,14 milliards d’euros d’obligations publiques françaises.
Du côté du PEPP, le détail des achats pour février ne sera connu que début avril. Reste qu’il fait l’objet, chaque semaine, d’une attention toute particulière de la part des marchés, car la BCE publie, tous les mardis, les montants bruts et nets qui y sont associés. Et cette semaine, encore plus que d’habitude, les regards des marchés se sont tournés vers le bilan de la BCE compte tenu des tensions que connaissent les taux d’intérêt européens ; le taux d’intérêt nominal à 10 ans de la zone euro (un taux d’intérêt moyen pondéré par les PIB des 19 États membres) a bondi de 25 points de base depuis décembre. Or, à la lecture du bilan de la BCE publié cette semaine, il ressort qu'elle n’a pas encore augmenté la cadence de ses achats nets et bruts au titre du PEPP : ils se sont élevés à 12 milliards d’euros nets (16,9 milliards d'euros bruts) la semaine dernière, soit bien en dessous des 15 milliards d’euros de moyenne depuis juillet dernier.
Pour autant, il serait prématuré d'estimer que la BCE est attentiste. De fait, Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management, précise que, "il y a un délai de deux jours avant que les achats ne soient enregistrés et publiés dans le cadre des chiffres hebdomadaires (dans la plupart des cas)". Cela implique que les 12 milliards d'euros n'incluent que les achats réalisés jusqu'au mercredi 24 février, avance le stratégiste. Il faudra donc encore attendre pour mesurer si les récentes interventions, teintées d'inquiétude, de plusieurs membres du Conseil des gouverneurs ont eu une quelconque influence sur le rythme des achats.
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