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Banque centrale des Pays Bas Klaas Knot Olli Rehn

Politique monétaire / taux d'intérêt / pepp / Christine Lagarde

Politique monétaire
taux d'intérêt / pepp / Christine Lagarde

BCE : dissonances au sein des gouverneurs sur la sortie de crise

Le compte rendu de la dernière réunion des gouverneurs de la BCE montre que la décision d'accélérer les achats de titres d'urgence pandémique au deuxième trimestre n'a pas été facile à prendre. La sortie de la politique de soutien massif de Francfort devra donc prendre en compte les avis divergents et être menée avec beaucoup de doigté.
Philip Lane
Philip Lane

Les Minutes de la dernière réunion de politique monétaire de la BCE ont révélé la difficulté des gouverneurs à s'accorder sur la stratégie de soutien la plus appropriée en cette période encore incertaine de fin de pandémie. La banque des banques a en effet annoncé le 8 mars dernier une accélération de ses achats de titres d'urgence pandémique (PEPP) au cours du second trimestre, afin de contrer le mouvement de hausse des taux souverains. Une décision que la présidente de l'institution a alors décrite comme "ayant fait largement consensus" au sein des 19 gouverneurs, l'ensemble des membres de la BCE craignant qu'une hausse trop rapide des rendements ne pèse sur les conditions financières du Vieux Continent. Or un resserrement des conditions financières trop rapide aurait tué dans l'œuf la timide reprise économique.

"Le conseil des gouverneurs est plus divisé que ne l'a laissé paraître le consensus évoqué par Christine Lagarde le 8 mars", expliquent toutefois les équipes de Deutsche Bank dans une note de recherche publiée hier. Certes, les gouverneurs ont convenu d'ajuster le rythme d'achats de titres au début de chaque trimestre, et sont donc engagés à accélérer ces achats sur le seul deuxième trimestre pour l'instant. Les dernières données sur le PEPP ont démontré que la BCE avait d'ailleurs mis en application ce qu'elle avait annoncé : 135,44 milliards d’euros d’actifs ont été rachetés par l’Eurosystème entre début février et fin mars, soit 20 % de plus que sur les deux mois précédents. Mais les Minutes de mars montrent aussi que les plus faucons de la BCE ont accepté cette accélération des achats à condition que la taille de l'enveloppe globale ne soit pas remise en cause. "La décision a été prise en tenant compte du fait que l'enveloppe totale du PEPP n'était pas remise en question dans les conditions actuelles et que le rythme de rachats pourrait être réduit à l'avenir", peut-on ainsi lire dans le procès-verbal de la réunion.

La sortie de politique monétaire très accommodante risque donc d'être un exercice délicat à plus d'un titre : d'une part parce que tout retrait trop prématuré de la BCE risque d'affoler les marchés et de peser sur la croissance. La communication et les indications prospectives concernant le relèvement progressif des taux seront donc clef pour mener à bien cette sortie. D'autre part, parce que tous les gouverneurs ne sont d'accord sur le rythme de retrait de Francfort. Certes, Christine Lagarde a annoncé hier que la demande mondiale devrait repartir plus vite que prévu du fait du plan de relance colossal américain ; et a donc indiqué que les risques concernant la croissance de la zone euro étaient plutôt orientés à la baisse. De même Olli Rehn a-t-il affirmé que le plan de soutien américain aurait un impact de 0,3% à 0,5% sur la croissance de la zone euro. Mais, la présidente de la BCE comme la gouverneur Isabel Schnabel dans une interview au Spiegel ont dit leur engagement à ne pas resserrer la politique monétaire trop tôt.

Or, le gouverneur de la Banque des Pays Bas dans une interview à CNBC a été plus optimiste et précis concernant le début du resserrement monétaire. Klaas Knot a ainsi expliqué que la BCE pourrait commencer à réduire les mesures d'urgence pandémique dès le troisième trimestre de cette année "si la croissance se poursuit au rythme envisagé par les économistes de la BCE". Selon Nikola Dacic et Sven Jari Stehn économistes de Goldman Sachs, le plus probable est que Francfort ralentisse de nouveau les achats de titres d'urgence pandémique au troisième trimestre, et que les 1850 milliards de l'enveloppe soient entièrement dépensés d'ici juin 2022.

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