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achats d'actifs de la BCE durant l'été

Macro-économie / Taux / BCE / achats d'actifs / pepp

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BCE / achats d'actifs / pepp

Le calme été francfortois

La Banque centrale européenne a significativement freiné le rythme de ses achats d’actifs depuis la mi-juin. Que traduit donc ce phénomène ?
Christine Lagarde
Christine Lagarde

Mille sept cent trente-six milliards d’euros, tel est le montant injecté par la Banque centrale européenne (BCE) depuis le début de cette crise économique, soit l’équivalent de 14,5% du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro. Cette somme représente l’écart entre ce qu'était la taille du bilan de la BCE le 13 mars 2020 et sa taille actuelle - le 28 août.

Près de 60% du gonflement du bilan s’explique par les opérations de refinancement de l’institution de Francfort (TLTRO) et le reste représente les achats d’actifs. Ainsi, les achats d’actifs ont au total atteint 671,2 milliards d’euros depuis la mi-mars, dont 70% proviennent du programme d’achat d’urgence pandémique de la BCE (PEPP). Alors que le confinement faisait rage dans toute l’Europe et que les conditions financières menaçaient de se durcir, la BCE a fait feu de tout bois et dépensé, au titre de l’ensemble de ses programmes de rachat d’actifs, 443 milliards d’euros entre la mi-mars et la mi-juin. Or, depuis la mi-juin, ce sont "seulement" 228 milliards d’euros qui ont été injectés sur les différents segments du marché obligataire (souverain et entreprise). Si la BCE avait maintenu le rythme de ses achats, ce sont 141 milliards d’euros de plus qu’elle aurait dû mobiliser depuis le début de l’été.

Dans une récente interview à Reuters publiée lundi, Isabel Schnabel, membre du directoire de l’institution de Francfort, a expliqué qu’il ne fallait pas sur-interpréter les importantes variations d’achats d’actifs à court terme effectuées par les Banques centrales nationales pour le compte de la BCE. Toutefois, en dehors des effets saisonniers, l’Allemande reconnaît que ces interventions relativement plus discrètes sont également le fruit de conditions de marché bien plus favorables qu’au début de la crise économique, les marchés ayant donc moins besoin du soutien de la BCE. Le meilleur exemple est celui de la volatilité sur le marché obligataire qui s’est fortement réduite depuis quelques mois, et de spreads qui retrouvent des niveaux proches de leur niveau d’avant-crise – l’écart entre le taux à 10 ans de l'Italie et de l'Allemagne est de 152 points de base soit le niveau qui était le sien en décembre dernier.

Lors de cette même interview, Isabel Schnabel a tenu à rappeler que les achats d'actifs, en l'occurrence le PEPP, n'avaient pas seulement pour rôle d'aider à "la stabilisation du marché", mais aussi celui d'atténuer les effets déflationnistes de la crise pandémique, Dieu sait que sur ce dernier plan, la BCE a du pain sur la planche.

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