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Macro-économie / Taux / BCE / pepp / dette souveraine

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BCE / pepp / dette souveraine

BCE : tout, tout pour le souverain

Ces deux derniers mois, l’institution de Francfort a consacré pas moins de… 100 % de son programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) aux achats de dette souveraine.
Achats BCE PEPP
Achats BCE PEPP

La Banque centrale européenne (BCE) vient de faire connaître ses acquisitions d’août et septembre au titre de son programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP). Il en ressort qu’elle a mis le paquet sur les achats de titres souverains en leur consacrant 100 % du montant qu’elle a injecté dans les marchés obligataires. Ces deux derniers mois, l’institution de Francfort a acquis pour 126,8 milliards d’euros d’obligations souveraines de la zone euro (en prenant en compte la dette supranationale).

Une fois n’est pas coutume, la BCE s’est moins écartée de la clé de répartition (la participation au capital de la Banque centrale de chaque Etat) en août et septembre que depuis la mise en place de ce programme. En effet, le PEPP se veut plus flexible que les autres programmes d’achats d’actifs de la Banque centrale, en ce sens que cette dernière veut pouvoir cibler les achats vers les pays qui voient leurs conditions financières se durcir le plus nettement et ainsi se prémunir contre le risque de fragmentation, fut-ce au mépris temporaire de la clé de répartition.

Ainsi, la BCE (les Banques centrales nationales qui agissent pour son compte) a acheté pour 32 milliards d’euros d’obligations allemandes, 24,8 milliards d’euros d’obligations françaises et 21,8 milliards d’euros d’obligations italiennes. Ces trois pays ont représenté 62 % des achats souverains réalisés par la BCE. On retrouve par ailleurs la Grèce (exclue des autres programmes d’achats d’actifs) pour 3 milliards d’euros, l’Espagne avec 14,9 milliards d’euros ou encore les Pays-Bas avec 7,1 milliards d’euros.

Dans le cadre de son PEPP (car ce n’est pas forcément vrai pour ses autres programmes d’achats d’actifs), la BCE a donc fortement levé le pied sur les achats d’obligations d'entreprise. En effet, rappelons que durant les deux premiers mois de la mise en place du PEPP, la BCE avait consacré 15 % de son enveloppe aux billets de trésorerie (commercial paper), un marché qui était alors complètement à l’arrêt en mars.

"Si la baisse du rythme marginal d'achat de crédit dans le cadre du PEPP peut refléter la saisonnalité estivale sur le front de l'offre - le mois d'août a été particulièrement faible avec seulement 1 milliard d'euros d'émissions nouvelles éligibles - les six premiers mois du PEPP ont clairement mis en évidence la priorité du programme : absorber les émissions supplémentaires d'obligations d'État stimulées par la vague de mesures de relance pour répondre au choc de Covid-19", expliquent les économistes de Bank of America. C’est ainsi que "la BCE continuera, selon nous, à axer fortement ses achats de titres dans le cadre du PEPP sur les obligations d'État pendant la durée du programme", prévoient les économistes de la banque américaine.

Dans le cas de la France, rappelons que l’Agence France Trésor devrait émettre pour 55 milliards d’euros d’obligations supplémentaires cette année par rapport à ce qui était prévu avant-crise. Or, jusqu’à présent, la Banque de France a acheté pour… 84,2 milliards d'euros d’obligations françaises dans le cadre du PEPP...

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