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Les emplettes de la BCE du mois de juin

Macro-économie / Taux / BCE / pepp / clef de répartition

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BCE / pepp / clef de répartition

Les emplettes du début d'été de la BCE

L’institution de Francfort vient de publier quelques détails sur ses achats d’actifs réalisés au mois de juin. Analyse.
Christine Lagarde
Christine Lagarde

Chaque semaine, la planète finance est aux aguets et scrute les moindres évolutions du bilan de la Banque centrale européenne (BCE). En effet, chaque semaine, il ne fait que gonfler au fur à mesure que la BCE achète davantage d’actifs ou mène des opérations de refinancement à long terme, ciblées ou non, à destination des banques (TLTRO et LTRO). Si bien qu’entre le 6 mars, soit à peu près le début de la crise économique, et le 26 juin, le bilan de la BCE a augmenté de 1.533,929 milliards d’euros, soit une hausse d’un tiers (32,6 %). Ce n’est donc pas moins que l’équivalent de 12,8 points du Produit intérieur brut de la zone euro que la BCE a injecté en à peine quatre mois.

Si les deux tiers de cette augmentation viennent des TLTRO, les 500 milliards restants sont expliqués par ses achats d’actifs. Ces derniers se composent de son Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) dont le montant, fixé à 1.350 milliards d’euros, pourrait être dépensé au moins jusqu'à la fin juin 2021, et de son programme de rachats d’actifs qui existait avant la crise. Au mois de juin, la BCE a acheté pour 159,115 milliards euros d’actifs dont 120,321 milliards d’euros proviennent de son PEPP. La BCE a déjà dépensé 27,1 % de son enveloppe dédiée à ce programme (365,671 milliards d’euros au 3 juillet). On ne connaît pas d'autres détails puisque la BCE n'en communique que tous les deux mois.

Cependant, en ce qui concerne son ancien programme de rachats d’actifs, relancé en novembre 2019, les détails de ses achats sont publiés chaque mois. Ainsi en juin, elle a dépensé 38,794 milliards d’euros au titre de ce programme. Sans surprise, près de 80 % (76,8 %) de ses achats furent ciblés vers les obligations d’État et supranationales (PSPP – Public Sector Purchase Programme). Ce sont les obligations d’État françaises qui ont le plus bénéficié des achats de la BCE en juin avec un total de 11,781 milliards d’euros quand l’institution de Francfort n’a acheté "que" pour 338 millions d’obligations allemandes et pour 2,327 milliards d’euros d’obligations italiennes.

Cela n’a rien d’étonnant mais, d’après nos calculs, depuis le début de la crise économique, la BCE s’est bien moins éloignée de la clé de répartition (la part au capital de la BCE de chaque banque centrale nationale de la zone euro qui définit la quantité d'actifs relative que chaque pays peut espérer voir rachetée par la BCE) pour ce programme de rachat d’actifs que pour les achats du PEPP réalisés en avril et en mai. En effet, le PEPP dispose d’un caractère flexible que ne possède pas l’autre programme de rachat d’actifs. En d’autres termes, les achats peuvent être spécifiquement dirigés vers les obligations d’un État si les conditions financières de ce pays se dégradent fortement (une hausse de son taux d'intérêt vis-à-vis de celui de l’Allemagne par exemple). C’est ce que l’on a observé pour l’Italie, en avril et en mai, qui a pu compter sur d’importants achats de la BCE comparativement à ceux auxquels elle aurait eu droit avec un strict suivi de la clé de répartition.

Le reste des achats d’actifs de la BCE a été consacré aux obligations d’entreprise (CSPP - Corporate Sector Purchase Programme) pour 7,515 milliards d’euros (dont 41,1 % furent acquises à l'émission) aux obligations sécurisées (CBSPP 3 - Covered Bond Purchase Programme 3) pour 1,731 milliard d’euros tandis que ses achats d'obligations adossées à des actifs (ABSPP – Asset-Backed Securities Purchase Programme) se sont avérés négatifs de 231 millions d’euros. Cela ne veut pas dire que la BCE a vendu pour 231 millions d'euros d'ABS mais parce que ses achats furent inférieurs aux ABS arrivant à échéance. Rappelons que la BCE réinvestit - pour le moment - les tombées de ses programmes de rachat d'actifs.

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