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Quelles seront les décisions prises lors de la réunion de la BCE ?

Politique européenne / Christine Lagarde / europe / BCE / Politique monétaire / Relance / fonds de relance européen / Bruxelles / pepp

Politique européenne
Christine Lagarde / europe / BCE / Politique monétaire / Relance / fonds de relance européen / Bruxelles / pepp

BCE : que décidera-t-elle jeudi ?

Christine Lagarde devrait être d’un optimisme prudent pour ce second semestre et aucune modification significative de la politique monétaire n’est attendue.
BCE - siège - euros
BCE - siège - euros

Durant la crise sanitaire, pour venir en aide aux économies très affectées des Etats-membres, la BCE n’a pas hésité à faire feu de tout bois. Elle est notamment passée par une augmentation de ses achats d'actifs, en augmentant de 600 milliards d'euros son enveloppe PEPP (programme d’achat d’urgence en cas de pandémie) le mois dernier pour atteindre un total de 1.350 milliards d'euros, soit plus de 11 % du PIB de la zone euro en 2019. La BCE avait de surcroît fait suite à la décision de la Cour constitutionnelle allemande sur le programme d'achat du secteur public (PSPP) et ouvert la voie à une solution de contournement. À ce jour, le compte rendu de la réunion et l'évaluation du Parlement allemand devraient avoir apaisé les tensions et réduit le risque que la Bundesbank doive finalement se retirer du PSPP.  En outre, la BCE avait assoupli les conditions de ses opérations de refinancement (TLTRO-III) et créé de nouveaux prêts-relais PELTRO.

Après toutes ces mesures mises en place pour faire face à la crise, le temps sera moins à l’action qu’au suivi des Etats-membres, alors que ces liquidités leur ont permis un relatif rebond économique. Il faut garder en tête que la BCE avancera à tâtons, car il existe un écart entre les suivis de la croissance du PIB en temps réel et les prévisions plus conventionnelles, ces dernières s’avérant plus optimistes. Tant que les données de juillet ne seront pas diffusées, la BCE ne devrait pas engager de changement drastique dans l’orientation de sa politique monétaire future.

En ce qui concerne le PEPP, cet instrument permet à la fois de réaliser l'orientation générale de la politique monétaire et de désengorger le mécanisme de transmission. Compte tenu de ce double rôle du PEPP, la BCE ne va probablement pas abandonner officiellement le principe de la clé de répartition du capital, mais continuera à l'utiliser avec souplesse, selon que des considérations de position ou de transmission prévalent. Les conditions financières pour la zone euro seront probablement toujours plus strictes par rapport à la période précédant la pandémie, alors que les perspectives de croissance et d'inflation appelaient à des conditions financières plus faciles. Les conditions financières ont été évoquées 23 fois dans le compte rendu de la réunion de juin de la BCE, avec un accent mis sur l'importance des rendements des obligations souveraines.

En matière d’inflation, les perspectives ne semblent pas changées depuis juin. Outre quelques cas particuliers de hausse des prix dans quelques secteurs spécifiques, le tableau général est clairement désinflationniste, avec une hausse du chômage, de l’incertitude, et des faillites d’entreprises.

Quant au fonds européen de relance, celui-ci sera discuté au lendemain de la réunion de la BCE, à Bruxelles. Les dirigeants européens se retrouveront pour adapter le nouveau budget européen à long terme en prenant en compte les nouveaux enjeux apportés par la crise sanitaire. La BCE a souligné l’importance d’allier politiques monétaire et budgétaire, pour que la relance monétaire aille de pair avec les mesures prises au sein des Etats-membres et des institutions européennes.

Finalement, la prochaine étape importante pour la BCE sera les réunions de septembre et d'octobre. C'est à ce moment-là qu'il y aura des informations et des preuves claires sur la forme de la reprise au cours du second semestre de l'année. La réunion de la semaine prochaine sera plutôt un test quant aux compétences communicatives de la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

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