Macro-économie / Taux / BCE / achats d'actifs
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BCE / achats d'actifs
La Banque centrale européenne, ce gargantua monétaire
La politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) a en partie empêché que l’Europe ne retourne à l’âge de pierre. En pesant à la baisse sur les conditions financières dont jouissent États, ménages et entreprises, elle a fait montre d’un expansionnisme monétaire sans précédent pour prévenir les dégâts économiques de la crise pandémique. L’un des moyens qu’elle a mobilisés pour parvenir à cet objectif fut celui des achats d’actifs sur les marchés obligataires, une politique non-conventionnelle à laquelle elle a commencé à recourir pour la première fois en 2015. C’est ainsi qu’en 2020, dans le cadre de ses deux programmes d’achats d’actifs (PEPP et APP), les Banques centrales nationales de la zone euro ont acquis - pour le compte de la BCE - 1 112,9 milliards d’euros d’actifs, soit l’équivalent… du Produit intérieur brut de l’Espagne ! C'est un montant de titres 29 fois plus important qu'en 2019.
Ce fut le principal point retenu par les observateurs : ces achats ont principalement concerné la dette publique émise par les dix-neuf pays de la zone euro. En effet, ils ont représenté environ 970 milliards d’euros d’après nos estimations - le détail des achats du PEPP n’est pas connu pour décembre 2020. Viennent ensuite les obligations d’entreprise (commercial paper et obligations à plus longue échéance) qui ont pesé à peu près 110 milliards d’euros - toujours d'après nos estimations. Enfin, le reste des achats fut composé d’obligations sécurisées (covered bonds) et de titres adossés à des actifs (asset-backed security).
Cette année, la BCE va continuer de déverser d'abondantes liquidités sur les marchés financiers, tandis qu'elle n'a jamais été aussi loin d'atteindre son objectif d'un taux inflation inférieur mais proche de 2 % - les prix à la consommation décroissent en zone euro depuis quelques mois à cause de la crise économique. Concrètement, au titre de ses programmes d'achats d'actifs traditionnels, la BCE devrait injecter 240 milliards d'euros cette année, soit "un rythme mensuel de 20 milliards d'euros par mois [...] aussi longtemps que nécessaire", avait précisé Christine Lagarde, présidente de la BCE, lors de sa conférence de presse du 10 décembre dernier. Par ailleurs, l'enveloppe du PEPP, elle, est dotée de 1 096,3 milliards d'euros à dépenser - au maximum - d'ici mars 2022. En conséquence de quoi, si les Banques centrales nationales maintenaient leurs acquisitions (dans le cadre du PEPP) au rythme mensuel moyen du dernier trimestre 2020, l'institution de Francfort devrait alors acheter au total (PEPP et APP) pour près de 1 000 milliards d'euros d'actifs cette année - dont les trois quarts à travers le PEPP. Il lui resterait alors 340 milliards d'euros à utiliser, au titre du PEPP, sur les trois premiers mois de 2022.
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