WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Fed / achats d'actifs / obligations / GAFAM

Macro-économie / Taux
Fed / achats d'actifs / obligations / GAFAM

La Fed a racheté plus de 100 millions de dollars d'obligations des GAFAM

Environ 3% du programme inédit de rachats d'actifs de la Banque centrale américaine fut ciblé en direction de ces géants du numérique. Le secteur automobile n'est pas non plus en reste.
Jerome Powell
Jerome Powell

La crise économique actuelle, née d'une pandémie, aura conduit les Banques centrales à utiliser des méthodes d’intervention inédites. Même durant la crise financière mondiale de 2008 qui avait eu comme épicentre les États-Unis, la Réserve fédérale américaine (Fed) n’avait pas lancé de telles opérations, comme les achats d’obligations d’entreprises privées (SMCFF - Secondary Market Corporate Credit Facility). Si sur les trois derniers mois, les montants injectés sont pour l’instant ridiculement faibles (3,553 milliards de dollars) comparativement à ceux injectés par la BCE, qui a réalisé au moins cinq fois plus d’achats pour ces titres de dette, et par rapport à ses acquisitions d’obligations publiques (elle a racheté 80 fois plus de treasuries), de telles acquisitions sont une première dans l’histoire de la Fed.

Pour conduire ses acquisitions d’obligations privées, la Fed s’appuie sur un indice qu’elle a construit (Broad Market Index) censé refléter le plus fidèlement possible le marché obligataire américain. Chaque entreprise composant cet indice peut voir la Fed acquérir ses obligations pour un montant ne dépassant pas 1,5% de la taille du programme (750 milliards de dollars) et pas plus de 10% du total de son encours d’obligations. C’est ainsi que sur les 797 entreprises qui composent l’indice de la Fed, les cinq entreprises qui vont le plus bénéficier de ses achats seront Toyota Motor Credit Corp, Volkswagen Group of America Finance (1,75% des achats au total pour chacune), puis le fournisseur de services téléphoniques AT&T et Daimler Finance North America (1,72% chacune) et enfin… Apple (1,61%). Les captives bancaires des constructeurs automobiles vont donc profiter à plein du programme de la Fed.

Depuis le début de ses achats, la Fed ainsi acquis, à fin juillet, pour 61,45 millions de dollars d’obligations Volkswagen Group of America Finance LLC, 60,58 millions de dollars d’obligations Toyota Motor Credit Corp, 59,86 millions de dollars d’obligations AT&T Inc, 58,73 millions de dollars d’obligations Daimler Finance North America LLC et 56,48 millions de dollars d’obligations d’Apple. D’après nos calculs, les titres des autres grandes entreprises technologiques Alphabet et Microsoft, ont été rachetées par la Fed à hauteur de 2,13 millions et 43,57 millions de dollars respectivement, quand les rachats d'obligations de l’autre "Gafam" Amazon ont représenté 15,506 millions, soit 114,69 millions de dollars au total pour les "Gafam".

À noter que les achats que la Fed réalise au titre de la SMCFF couvrent également les ETFs (exchange-traded funds) : ces fonds indiciels côtés représentent en fait plus des deux tiers (8,736 milliards de dollars) des achats de l’institution de Washington dans le cadre de la SMCFF. Les achats de parts dans ces fonds indiciels permettent à la Fed de décupler son exposition au marché obligataire en touchant un plus grand nombre d’entreprises. L’ETF dans lequel elle détient le plus de parts (2,47 milliards de dollars) est iShares iBoxx US Dollar Investment Grade Corporate Bond ETF, qui appartient au colosse de la gestion d’actifs Blackrock. Par ailleurs, et alors que la BCE s’y est refusée jusqu’à maintenant, on trouve la présence de la Fed dans des ETFs exposés aux obligations high yield, par exemple au sein du iShares iBoxx High Yield Corporate Bond ETF de Blackrock là encore, pour 330,95 millions de dollars.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article