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Ipsos / Ben Page / Didier Truchot / GAFAM
Ben Page affiche ses ambitions élevées pour Ipsos
Un sans-faute pour l’instant. Comme si la période de flottement de la vraie-fausse nomination de Nathalie Roos à l’été dernier, qui n’avait finalement pas pris les commandes d’Ipsos contrairement à ce qui avait été annoncé initialement, n’avait jamais existé. Le poste avait échu à Ben Page, ex-patron de la filiale britannique Ipsos MORI. A la tête de l’institut de sondage depuis moins d'un an, Ben Page a d’abord endossé le rôle de porteur de bonnes nouvelles, lors des résultats records que le groupe fondé par Didier Truchot (qui demeure président) a dévoilé en février au titre de son année 2021.
Le plan stratégique à quatre ans que le groupe a présenté mardi était l’occasion pour le dirigeant de mettre en avant sa capacité de visionnaire, dans un marché des enquêtes d’opinion et d’études en mutation. "Tandis que le marché change, Ipsos change également. Il y a dix à quinze ans, nos plus grands clients étaient des entreprises de biens de consommation. A présent ce sont souvent des entreprises technologiques", a ainsi souligné Ben Page devant les investisseurs. Cela concerne notamment les GAFAMs, en particulier Google avec qui Ipsos avait notamment créé l’Observatoire des commerces de proximité avec Google au début de la crise pandémique.
3 milliards de chiffre d'affaires
Baptisée "Best People and Best Technologies", la nouvelle feuille de route présentée par le nouveau directeur général d’Ipsos, a pris le relais de la précédente, "Total Understanding", qui s’est terminée avec succès l’année dernière. Sans surprise, les perspectives pour 2022 d’une croissance organique de 5% et d’une marge opérationnelle de l’ordre de 12% à 13% ont été confirmées. La bonne nouvelle est que la dynamique devrait s’accélérer. "Nous pouvons nous attendre à une croissance organique de 5 à 7% par an sur la période de des quatre prochaines années", a déclaré Ben Page. "Nous sommes déjà numéro un et l’opportunité de croissance est énorme", a-t-il ajouté, alors qu'Ipsos prévoit de dépasser les 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2025.
Pour atteindre l’objectif, le groupe compte augmenter le rythme de ses acquisitions en y consacrant entre 100 et 200 millions d’euros par an au cours des quatre prochains exercices, soit 500 à 700 millions d’euros sur toute la période. Les sociétés ciblées devront permettre de renforcer certaines zones géographiques, en particulier les Etats-Unis, ou des lignes de métier spécifiques. En termes de rentabilité, le groupe vise une marge 13% à la même échéance, et un objectif de 15% à long terme, misant sur une hausse de ses investissements dans les technologies et l’analyse des données. L’enveloppe dédiée à ces investissements "internes" s’élève à 200 millions d’euros, soit 50 millions d’euros par an en moyenne.
Une dette proche de zéro
Pour financer son plan, le groupe peut s’appuyer sur des "fondations solides" et un "excellent bilan", a souligné pour sa part Laurence Stoclet, la directrice générale déléguée, et jusque-là responsables des finances de l’entreprise, qui vient de passer le relais à Dan Levy, nouveau directeur financier depuis le 10 juin. Grâce à une forte génération de trésorerie au cours des deux dernières années, Ipsos s’est presque totalement désendetté, avec une dette ramenée à seulement 62 millions d’euros fin 2021. "Ce qui veut dire que nous avons énormément de liquidités disponibles et la structure financière appropriée pour financer le plan stratégique", a-t-elle ajouté.
Le plan 2025 n’oublie pas les actionnaires. Outre le dividende, qui représentera entre 25% et 30% du bénéfice par action ajusté, la politique de distribution comprendra un programme de rachat d’actions qui pourra aller jusqu’à 2% de son capital chaque année. L’ensemble de ces nouvelles n’a d’ailleurs pas laissé les investisseurs insensibles. A 45,60 euros mercredi soir, le cours de Bourse d’Ipsos a pris plus de 3% en deux séances.
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