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La fin des contrats Covid n’a pas déstabilisé Ipsos / En matière de prévisions, la prudence est mère de sûreté
Après l’annonce d’une performance solide et d’un niveau de profitabilité record au titre de l’année 2022, Ipsos a perdu 5,6 % à la Bourse de Paris sur la séance de jeudi, pour cause de prévisions trop prudentes. Une sanction néanmoins sévère au regard d’une publication de qualité : sur les douze derniers mois, l’institut de sondage a enregistré un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros, en progression de 12 %, dont 5,6 % en organique et 5,8 % d’effets de change.
Sur l’année, le volume d’affaires a été porté par la performance réalisée par Ipsos en Amérique du Nord : elle a contribué aux facturations à hauteur de 40 %, à la faveur d’une croissance organique de 12 %. Grâce, notamment, aux activités de santé, à la plateforme "Ipsos.Digital", aux affaires publiques et aux contrats obtenus auprès des Gafam. La zone est concurrentielle, mais l’entreprise a de quoi tirer son épingle du jeu, soutient à WanSquare Ben Page, le directeur général d’Ipsos. Notamment dans le secteur des affaires publiques, grâce "à une solide expérience acquise auprès des gouvernements à faire valoir".
Sur la zone Asie-Pacifique, la situation est plus contrastée : la croissance organique atteint 9 % en comprenant une Chine qui n’a "crû que très faiblement cette année (1,5 %) en raison des multiples confinements, et le reste de l’Asie-Pacifique qui a montré une croissance très dynamique de 15 %, en particulier en Inde et en Corée", précise la société.
L’impact de l’arrêt des contrats liés au Covid retranché, la croissance organique sous-jacente annuelle atteint, elle, les 8 %. Pas de quoi déstabiliser l’entreprise pour autant : "Les contrats Covid nous ont, certes, apporté de nouveaux revenus temporaires mais plus fondamentalement et au-delà de ces contrats, notre business model est très solide. Nous monitorons notre performance avec, et sans ces contrats Covid", souligne Ben Page.
Poursuite de la digitalisation
Et leur arrêt a même permis, entre autres, à la marge brute de se redresser de 1,6 % pour atteindre 66,3 %, puisque les coûts de collecte de ces dits contrats étaient supérieurs à la moyenne. Autre point qui a permis de redresser la rentabilité d’Ipsos : l’évolution du mix de collecte des données, qui s’inscrit "dans une stratégie poursuivie de digitalisation", précise le directeur général.
"Nous ne souhaitons pas cesser nos activités d’études en face à face qui constituent un atout", poursuit Ben Page. "Certains projets importants ne pourraient pas être réalisés si nous passions en 100 % digital. Mais le digital permet à la fois plus de rapidité et de réduire certains coûts directs. Il représente aujourd’hui 65 % de nos enquêtes", ajoute-t-il. La marge opérationnelle, en hausse de 20 points de base sur un an, atteint quant à elle un niveau record "historique", se félicite Ipsos, de 13,1 %. Le résultat net, part du groupe, affiche lui aussi une belle progression de 17 %, pour s’établir à 215 millions d’euros.
Malgré ces solides résultats, le groupe ne table pas sur une plus forte progression de son activité pour 2023. La croissance organique est envisagée à 5 % et la marge opérationnelle à 13 %, tout comme pour l’année écoulée. Trop prudent, donc, ont jugé les opérateurs de marché. Des anticipations prudentes, oui, mais cohérentes face à une année 2023 qui s’annonce marquée par les incertitudes et lors de laquelle l’inflation sous-jacente devrait atteindre son pic. Le directeur général assure : "Nous sommes vigilants sur les coûts et nous allons le rester. Une partie des effets de l’inflation sont à venir et des augmentations de salaires sont prévues pour nos collaborateurs. Dans le même temps, nous continuerons à faire des gains de productivité".
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