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Marchés : voici ce qui pourrait gripper la machine
"Nous mettons notre argent là où nous parlons", a clamé Safra Catz, co-CEO d’Oracle pour justifier une hausse de son programme de rachats d’actions, qui se monte désormais à 20 milliards de dollars disponibles. Mais cela n’a pas suffi à convaincre les investisseurs, qui ont puni le titre après des revenus médiocres au premier semestre. Pourtant, ce sont bien les montants historiques de rachats d’actions qui ont soutenu les marchés américains depuis le début d’année, dans un contexte de forte croissance mais où les tensions commerciales et hausses de taux font peser une menace sur la reprise.
Dans ce contexte, la période de "black-out" qui s’ouvre dans les prochaines semaines, lorsque les sociétés cotées n’ont pas le droit de racheter leurs propres titres pendant un mois avant la publication de leurs résultats trimestriels, pourrait peser sur les indices. Selon une note de Goldman Sachs, 86 % des groupes du S&P 500 seront entrés dans cette période d’ici le 5 octobre. Or, la banque américaine a également mis en exergue le niveau historique atteint par les rachats de titres : ils ont été en hausse de près de 50 % au premier semestre et sont partis pour franchir le seuil des 1 000 milliards de dollars cette année, soit la plus importante allocation de cash des 10 dernières années. Le problème, qui est pointé par de plus en plus les analystes est que ces opérations, censées faire grimper mécaniquement le cours de Bourse en annulant des actions, sont aussi moins efficaces. Ainsi, 57 % des acteurs du S&P 500 qui ont annoncé des rachats d’actions cette année faisaient moins bien que l’indice à début juillet, un record depuis 2008 selon le Wall Street Journal. Oracle en est la meilleure preuve, qui n’a gagné que 5 % depuis janvier contre près de 8 % pour le S&P 500.
Plus grave encore : les marchés pourraient souffrir si cette fenêtre devait s’accompagner d’un regain de stress. Ainsi, les périodes de "black-out" donnent en général lieu à un gain de volatilité. Or, l’indice XIV de la volatilité est pour le moment à un plus bas depuis une décennie, si bien qu’un pic de volume a toutes les chances d’inquiéter les investisseurs et les détourner des actions, ce qui amplifierait encore le phénomène, font valoir plusieurs analystes. D’autant que les marchés américains ont été particulièrement euphoriques ces derniers mois, grâce aux effets de la réforme fiscale sur les profits et à une croissance affichée à 4,1 % au deuxième trimestre. Voire complaisants, comme ce mardi lorsque le Dow Jones s’est adjugé 185 points le jour même où les États-Unis ont annoncé un nouveau tour de vis tarifaire envers la Chine.
Tout cela pourrait donc tourner au vinaigre, notamment dans un contexte de hausse des taux par la Fed. C’est exactement ce qui s’est produit en février dernier, avant que les résultats records des entreprises ne viennent endiguer l’épisode de stress. Cette fois, les bonnes nouvelles sont déjà sorties et le reste – à savoir l’issue des tensions commerciales avec la Chine – est plus qu’incertain.
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