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IPO / Bourse / Amazon / Apple

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Amazon à 1.000 milliards de dollars : et maintenant ?

Le groupe de Jeff Bezos a été la deuxième entreprise US à passer le cap des 1.000 milliards de dollars de capitalisation, un mois après Apple. Il démontre qu’il est possible de ne pas sacrifier l’innovation au profit de Wall Street, et avec ses projets dans la santé et l’agroalimentaire, pourrait bientôt dépasser le fabricant d’iPhones.
Amazon
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Jeff Bezos, qui est désormais l’homme le plus riche du monde devant Bill Gates, aime à répéter cette phrase de Benjamin Graham : « A court terme, le marché est une machine à voter, mais à long terme c’est une machine à peser ». Et ce mardi, il vient de rentrer une nouvelle fois dans l’Histoire, lorsqu’Amazon a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le groupe d’e-commerce est le deuxième à passer ce cap, un mois après Apple et alors qu’il ne pesait qu’à peine plus de la moitié (566 milliards de dollars) au début de l’année. Le titre a ainsi grimpé de 77% cette année, contre 16% pour la firme à la Pomme.

L’histoire est classique des plus belles success stories américaines : Jeff Bezos a monté le site d’e-commerce depuis son garage en 1994, lorsqu’Internet faisait encore ses premiers pas et que les premiers groupes de l’indice américain étaient General Electric, Exxon et AT&T. Le groupe est entré en Bourse seulement trois ans plus tard, et valait alors 500 millions de dollars. Mais ce qui distingue ce groupe de l’ensemble de ses pairs est sa volonté d’innover, tester auprès de ses clients et améliorer avant tout, sans se conformer aux exigences usuelles des investisseurs. Dès la fin des années 90, Jeff Bezos annonçait la couleur à ses actionnaires dans sa lettre annuelle, c’est-à-dire qu’il ne prendrait pas en compte « les réactions à court terme de Wall Street » dans ses décisions. Cette missive, qui contient de précieux conseils de management et d’innovation, est désormais lue attentivement par la communauté des investisseurs comme de la tech mondiale.

Et cette stratégie, visant à dépenser massivement pour prendre des parts de marché, innover avec des prix agressifs et prendre des risques, tout en gardant l’expérience client au rang de première priorité, a fonctionné. Jeff Bezos a réussi à faire ce que très peu de patrons de sociétés cotées ont réussi à faire : reléguer les attentes de rendement de Wall Street, tout en continuant à croître. Tout comme Elon Musk, ce dernier a amassé une base de fans prêts à financer ses ambitieux projets sur le long terme. Si bien que la société a pu se lancer dans les produits électroniques, la production de films et séries, mais aussi des services cloud pour les entreprises avec Amazon Web Services, la vache-à-lait du groupe qui a généré plus de 17 milliards de dollars de revenus.

Aujourd’hui, Jeff Bezos voit toujours plus grand et rêve de pénétrer deux secteurs traditionnels : l’agroalimentaire avec le rachat de Whole Foods, et tout récemment celui de la santé avec le rachat du distributeur de médicaments, Pillpack. Amazon s’attaque certes à des secteurs très réglementés, mais comme il l’a démontré dans le passé, il est capable de disrupter un écosystème par sa seule incursion. Si bien qu’il est aujourd’hui bien mieux valorisé qu’Apple, qui ne compte que sur l’appétit pour son produit phare, l’iPhone : 90 fois ses profits attendus dans les 12 prochains mois, contre 25 fois pour le groupe de Tim Cook. Il faut dire que les investisseurs d’Amazon auront bien fait d’être patients : en 2019, le consensus anticipe qu’il générera plus de revenus que la firme de Cupertino. De là à dire qu’il le dépassera bientôt en Bourse, il n’y a qu’un pas…

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