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Macro-économie / Taux / Chine / Bourse / Guerre commerciale

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Chine / Bourse / Guerre commerciale

Effondrement des indices chinois : la guerre commerciale n'est pas la seule responsable

L'indice composite de la première place chinoise s'est effondré de 19% depuis début 2018. Certes, la guerre commerciale entre Pékin et Washington a pesé sur le moral des investisseurs en actions du pays, mais le contexte macroéconomique de ralentissement généralisé et de hausse de l'endettement a également provoqué le sell-off.
Bourse Shanghai
Bourse Shanghai

Le marché chinois est-il en train de revivre le krack boursier de l'été 2015 ? Certes, la chute est moins brutale qu'il y a trois ans, où le principale indice, le Shanghai Composite s'était effondré de 30% en trois semaines au début de l'été. Mais l'indice a néanmoins baissé sans discontinuer depuis le début de l'année, de 19% en tout, et est désormais situé en dessous des plus bas du krach d'il y a trois ans. La chute des marchés chinois - qui en sont à leur quatrième trimestre consécutif de baisse, soit la période de recul la plus longue depuis 2008 - contraste avec la vigueur des autres principaux indices mondiaux, le S&P 500 ayant grimpé de 40% depuis quatre ans, tandis que le MSCI All Country World a de son côté progressé de 21% sur la même période. 

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a certainement contribué à faire baisser les principaux indices du pays depuis le début de l'année, et alors qu'une nouvelle série de droits de douane sur 200 milliards de dollars de biens chinois doit entrer en vigueur dans les prochains jours. La chute du yuan de 7% depuis la fin du mois de mars, causée par l'intervention des autorités monétaires du pays pour tenter de contrer la hausse des tarifs douaniers, a notamment contribué à rendre les actions du pays moins attractives aux yeux des investisseurs. Par ailleurs, les secteurs des télécoms et des nouvelles technologies, parmi les plus impactés par les hausses de tarifs douaniers, ont particulièrement souffert en bourse. Tout ceci ne suffit pourtant pas à expliquer l'effondrement boursier depuis le début de l'année. 

Car l'escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine a commencé au printemps, soit plusieurs mois après le début de la chute des indices boursiers chinois. Même si les analystes estiment que ce facteur a commencé à être pris en compte par les investisseurs et pricé plus tôt dans l'année, Donald Trump ayant depuis longtemps annoncé sa velléité de renforcer les tarifs douaniers à l'entrée de son pays. "La guerre commerciale n'est pas le seul élément en jeu. Des inquiétudes plus larges concernant la solidité de l'économie chinoise et les difficultés des autorités à contenir l'envolée du crédit ont selon nous joué un rôle bien plus grand dans la baisse des marchés chinois, que la seule guerre commerciale", expliquent ainsi les équipes de Capital Economics. Après la mise en place de mesures pour limiter le crédit bancaire et l'endettement excessif en début d'année, les autorités du pays ont d'ailleurs finalement dû assouplir leurs conditions avant l'été, par crainte de voir la situation se dégrader davantage. 

Les autorités du pays ont en revanche poursuivi leur lutte contre le shadow banking, ces activités d'intermédiation de crédit réalisées en dehors du système bancaire traditionnel. Selon Wei Yao, analyste à la Société Générale, les prêts liés au shadow banking on ainsi diminué, de 270 milliards de yuans au mois d'août, contre -490 milliards en juillet et 700 milliards en juin. Cette réforme de la finance parallèle, qui représentent toujours un risque systémique important pour le pays, est aussi paradoxalement l'un des facteurs de recul des marchés chinois : les investisseurs craignent en effet que ces mesures n'entraînent un ralentissement plus fort que voulu de la croissance chinoise. Surtout, les nouvelles règles mises en place pour tenter de limiter la croissance des prêts liés au shadow banking et traditionnellement classés sous l'étiquette d'Asset Management Products (AMPs) a entraîné une réduction des liquidités sur le marché chinois et la mise en difficultés d'entreprises dépendantes de ce type de produits pour se financer. Ce qui a incité les investisseurs à se débarrasser de leurs titres dans les entreprises dépendantes du shadow banking.

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