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Marchés US : quand l’amour rend aveugle

Le Nasdaq a franchi les 8 000 points, soit la hausse de 1000 points la plus rapide en 20 ans. Alors que le protectionnisme menace et que les valeurs tech touchent de nouveaux records, les investisseurs ont choisi de voir le verre à moitié plein, à savoir l’accord US-Mexique et une économie locale au beau fixe.
Nasdaq - Bourse - illustration
Nasdaq - Bourse - illustration

« L’amour dure trois ans », dit le dicton, mais celui des investisseurs avec les marchés US ne semble pas en train de flancher, après près de dix ans d’idylle. Preuve en est, le Nasdaq a encore franchi un nouveau record historique ce lundi, en passant la barre des 8 000 points. L’indice technologique américain a grappillé ces 1 000 derniers points le plus rapidement en près de 20 ans et a gagné plus de 16% depuis le début de l’année, ce qui en dit long sur l’euphorie des investisseurs à l’heure actuelle. Si le titre Tesla a perdu près de 2% après que son patron Elon Musk a mis fin à ses projets de privatisation, les autres valeurs ont été portées par l’accord commercial signé entre les Etats-Unis et le Mexique en ce début de semaine.

Donald Trump a finalement noué langue avec son homologue mexicain, Enrique Peña Nieto, ce qui a donné lieu à un accord sur la construction automobile dans la région, ainsi que des obligations pour les syndicats mexicains, visant à aligner les rémunérations sur celles des ouvriers américains. Cette poignée de mains n’inclut certes pas le Canada, troisième membre de l’Alena (ou Nafta en anglais), mais le Président américain n’a pas caché qu’il comptait l’utiliser pour faire pression sur le pays de Justin Trudeau et le faire revenir à la table des négociations. Les marchés ont quant à eux applaudi des deux mains ces avancées, alors que les discussions avec la Chine s’enlisent, et que les rencontres à Washington la semaine passée n’ont pas permis de faire avancer le dossier. « Cela élimine un risque de marché qui subsistait en toile de fond », selon Jason Draho, responsable des allocations d’actifs chez UBS Global Wealth Management.

Une love story donc ? Les investisseurs semblent de plus en plus extatiques et enclins à embrasser le flux de bonnes nouvelles plutôt que les menaces qui planent à l’horizon. Cette semaine, le Département du Commerce confirmera si l’économie a bien tourné à plus de 4% de croissance au deuxième trimestre et les résultats des sociétés, boostés par la réforme fiscale, donnent lieu à de juteux dividendes et rachats d’actions. Et ces profits plus élevés permettent de rester dans les clous de multiples certes élevés, mais dans la moyenne des hauts de cycle historiques.

Les ombres au tableau semblent donc bien difficiles à trouver. Même la Turquie, qui a brièvement fait frissonner les marchés mondiaux, ne semble qu’un lointain souvenir et un problème facile à digérer. Les tensions commerciales se concentrent aujourd’hui sur la Chine, qui tente de gérer la volatilité du yuan et se montre affaiblie, même si les soubresauts des tarifs douaniers devraient perdurer dans les prochains mois. Et d’autres foyers de crise potentielle sont à surveiller : l’Italie notamment, où le gouvernement populiste doit présenter ses réformes alors que le pays doit massivement se refinancer en pleine réduction de voilure de la BCE. Les marchés US entrent dans une période historiquement très volatile dans ce qui est désormais le rallye boursier le plus long de l’histoire, si bien que les investisseurs ne doivent surtout pas oublier d’allier vigilance à la confiance.

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