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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / taux d'intérêt / Isabel Schnabel

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Banque centrale européenne / taux d'intérêt / Isabel Schnabel

Zone euro : première hausse de taux dans deux mois ?

Luis de Guindos, vice-président de la Banque centrale européenne, et Isabel Schnabel, membre du directoire de l’institution de Francfort, viennent tous deux de déclarer qu’un relèvement de taux directeur en juillet était "possible".
Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne - Daniel ROLAND / AFP
Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne - Daniel ROLAND / AFP

"Parler ne suffit plus, il faut agir". En ces temps d’inflation historique en zone euro (7,5 % sur un an en mars) et toujours plus diffuse (l'inflation hors énergie et alimentation atteint 3,5 % l'an, du jamais vu), Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), n’a, à l’occasion d’une interview accordée au Handelsblatt, pas fait montre de langue de bois quand il s’est agi d’évoquer la normalisation de la politique monétaire de l’institution de Francfort. "Dans la perspective actuelle, une hausse des taux en juillet est possible selon moi. Nous devons bien sûr attendre et voir comment les données évoluent jusqu'au moment de la décision", a déclaré la banquière centrale au célèbre quotidien allemand.

Pour mémoire, la séquence de normalisation sur laquelle s’est accordé le Conseil des gouverneurs implique qu’aucun relèvement de taux directeur ne peut se produire tant que les achats nets d’actifs réalisés par l’Eurosystème n’ont pas été stoppés. Or, alors que les acquisitions nettes réalisées au titre du programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) ont cessé en mars, celles de l’APP (programme traditionnel de la BCE) se poursuivent durant le deuxième trimestre (40 milliards d’euros en avril, 30 milliards en mai et 20 milliards en juin).

"Je pense que nous serons en mesure de mettre fin aux achats nets dans le cadre de notre programme régulier d'achat d'actifs, ou APP, à la fin du mois de juin", a déclaré l’Allemande. Une position partagée par Luis de Guindos, vice-président de la BCE, qui a indiqué dans une interview au journal espagnol El Correo qu'il n'y avait "aucune raison pour que cela ne se produise pas en juillet", ajoutant qu’une première hausse de taux d’intérêt en juillet était "possible" égalementLe Conseil des gouverneurs se réunira pour évoquer la politique monétaire le 9 juin. Au cours de cette réunion, il devra statuer sur la fin des achats nets d’actifs, communiquer ses nouvelles prévisions en matière d’inflation et de croissance et possiblement donner des indications sur la prochaine hausse de taux. Sa réunion suivante se tiendra le 21 juillet.

Une fois la première hausse enclenchée, l’une des questions est de savoir à quel rythme la BCE poursuivra sa normalisation. C'est en 2014, alors que la zone euro faisait face à une menace déflationniste, que l'institution de Francfort avait commencé à placer son taux de dépôt (le taux qui rémunère les réserves des banques auprès d’elle) en territoire négatif. À l’époque, elle avait procédé par petits pas (10 points de base à chaque fois). Une méthode à laquelle elle pourrait s'abstenir de recourir cette fois-ci. En effet, "l'abaissement des taux d'intérêt en dessous de zéro était un territoire inexploré, ce qui rendait indispensable un mouvement prudent. Ce raisonnement ne s'applique pas lorsqu'on évolue dans la direction opposée", a prévenu Isabel Schnabel.

Le marché s’attend à une hausse de taux de 75 points de base au total cette année et 100 points de base en 2023 - le taux de dépôt atteindrait alors 1,25 %.

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