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Simtra; Portugal; dynamique d'inflation

Macro-économie / Taux / BCE / Inflation / énergie / Isabel Schnabel

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L’inflation énergétique toujours sous les feux de la rampe / La BCE surveille les prix de l’énergie comme le lait sur le feu

Le forum de la Banque centrale européenne (BCE) qui se déroule en ce moment à Sintra, au Portugal, est revenu lors d’une de ses sessions sur l’importance de l’énergie dans la dynamique d’inflation. Isabel Schnabel, membre du directoire de l'institution de Francfort, a rappelé la surveillance accrue que la BCE exerçait sur le marché de l’énergie afin de tenter de comprendre les effets de la géopolitique et de la transition énergétique sur les futurs chocs.
La BCE surveille de très peu les marchés de l'énergie. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
La BCE surveille de très peu les marchés de l'énergie. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

"Les prix de l’énergie restent clairement un facteur clé de la dynamique de l’inflation dans la zone euro". En une seule phrase Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a donné le ton de la table ronde qu’elle animait à Sintra, au Portugal, ce mardi. Un sujet qui avait déjà été évoqué l’an passé sur la question du lien entre les hausses de prix dans le secteur de l’énergie et les évolutions macroéconomiques à travers le monde.

La banquière centrale a désiré cette année se "tourner un peu plus vers l’avenir". Elle a témoigné d’un intérêt marqué pour "les changements structurels en cours sur le marché de l’énergie et leur impact sur les perspectives des prix de l’énergie et de l’inflation". C’est en effet une double question qui se pose aux instances dirigeantes de la BCE ; il s’agit d’essayer d’anticiper les futurs chocs et leur nature précise afin d’y répondre le mieux possible.

 

Double lame


Le monde de l’énergie est actuellement sous des influences multiples avec d’un côté l’influence marquée de la géopolitique et le lancement de la transition verte d’autre part. Autant d’éléments à comprendre qui ont fait humblement dire à Isabel Schnabel que "nous devons approfondir notre compréhension du fonctionnement du marché de l’énergie".

Gil Tertre Miguel, chef de l’unité d’analyse économique à la direction générale de l’énergie de la Commission européenne, a essayé d’éclairer la lanterne de l’économiste allemande en apportant ses enseignements tirés des derniers mois et de la crise. Il a notamment affirmé que certes "l’augmentation de la capacité installée des sources d’énergie renouvelables peut aider à limiter les hausses de prix en minimisant le rôle du gaz dans la production d’électricité… mais il faudra du temps pour que les effets soient très spectaculaires et cela variera d’un pays à l’autre".

Un autre effet notable des crises à l’intérieur de la zone euro est que "la répercussion des prix de l’énergie sur le marché de gros et sur le marché de détail varie considérablement d’un État membre à l’autre", ce qu’il explique pour des raisons de fiscalité, d’indexation des contrats, ou encore d’aides publiques pensées différemment. Autant de raisons qui plaident pour une harmonisation des règles en la matière au niveau européen.

 

La transition ne sera pas rapide


Le membre de la Commission s’est également attaché à rappeler que le verdissement de nos économies et de ses sources d’approvisionnements ne sera pas immédiat et qu’il faudra une très grande vigilance des économistes à ce sujet. Une de ses craintes étant qu’on oublie de distinguer les impacts pendant la transition et les effets structurels qui seront produits une fois cette transition menée à bien. Les contributions à court terme de l’énergie à l’inflation peuvent être pour certains inquiétants mais ils sont également à même de permettre "des changements structurels à long terme des prix relatifs".

Une des leçons de la crise liée à l’invasion de l’Ukraine est qu’au sein d’un "contexte d’un marché turbulent, les contrats à terme sur le gaz naturel se sont avérés ne pas être un indicateur précis de l’évolution future des prix". La remise en cause de ce paradigme est partagée par Javier Blas, de chez Bloomberg, qui a souligné l’opacité du marché des matières premières. Il a rappelé que dès 2017 la revue de la stabilité financière publiée par la BCE avait souligné que "les négociants en matières premières ont largement échappé à l’examen réglementaire dans l’UE".

Les autorités d’autres pays ont également été peu conciliantes avec ces acteurs et ce marché, le Fonds monétaire international (FMI) parlant dans son rapport sur la stabilité financière dans le monde, en date d’avril, de "certains très grands négociants en matières premières [qui] sont des sociétés privées [n'étant] soumises qu’à des obligations d’information publique très limitées (voire inexistantes)…". C’est sans doute l’heure d’une réglementation plus stricte à l’échelle européenne et planétaire.

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