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Engie / Equans / Spie / Eiffage / Bouygues / Clayton Dubilier Rice / cdr / énergie

Equans : Spie tente un coup pour devenir champion d’Europe

La période de dépôt des offres de reprise non engageantes de la filiale d’Engie dans les services techniques à l’énergie était hier. Spie compte compenser sa relative petite taille en s’associant à ses actionnaires, le fonds CDR et Bpifrance.
Gauthier Louette, P.-D.G. de Spie
Gauthier Louette, P.-D.G. de Spie

Equans, la filiale de services techniques qu’Engie veut vendre, aiguise particulièrement les appétits. Parmi les prétendants, qui devaient remettre hier au plus tard leur offre non contraignante, deux candidats industriels nettement plus petits que leur cible : Eiffage et Spie.

Si la question se pose moins pour Eiffage, qui est presque trois fois plus petit qu’Equans dans son activité (4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour Eiffage Energie Systèmes contre 12,5 milliards pour la filiale d’Engie) mais qui repose sur un ensemble de 18,1 milliards d’euros.

En revanche, Spie, qui a officialisé hier son offre en en détaillant les formalités, est un pure player des services techniques à l’énergie qui affiche un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros (il a cédé sa branche BTP Spie-Batignolles en 2003). Dans ces conditions, la cible paraît bien grosse à digérer.

Mais la rentabilité de Spie est plus élevée que celle d’Equans. Les analystes d’UBS estiment la marge opérationnelle de la filiale d’Engie à 3,5%. Celle du "petit" prétendant atteignait 6% en 2019, avant la crise sanitaire, et 5,1% en 2020.

N’ayant pas les mêmes moyens financiers que ses rivaux pour acquérir Equans (évalué au bas mot entre 5 et 6 milliards d’euros) et ne souhaitant pas voir son multiple d’endettement dépasser trois fois l’Ebitda, Spie a dû faire preuve d’imagination. "Nous procéderions à une augmentation de capital, dont une part réservée à deux actionnaires minoritaires qui détiendraient en tout 15% à 20% du groupe post-opération", expliquait hier son PDG Gauthier Louette dans les colonnes des Echos : ces actionnaires sont le fonds d’investissement Clayton Dubilier & Rice (ou CDR, qui avait acquis Spie aux côtés d’Axa PE et la CDPQ en 2011 avant de l’introduire en Bourse en 2015) et la banque publique d’investissement Bpifrance. Spie vendrait à CDR les activités d’Equans en dehors d’Europe (correspondant à 1,5 milliard d’euros de revenus) pour alléger le coût de l’acquisition, Gauthier Louette estimant que les services techniques à l’énergie sont relativement cloisonnés par région du monde.

Impliquer Bpifrance est également un bon calcul. En effet, l’Etat suit avec attention le dossier : il détient 24% du capital d’Engie (et 34% des droits de vote) et à six des élections présidentielles, l’avenir des 74 000 emplois au sein d’Equans (dont 27 000 en France) est un sujet explosif. L’entrée au capital d’une entité publique pourrait donc rassurer le gouvernement et désamorcer les critiques. Un contexte politique qui ne plaide pas en faveur des fonds de private equity qui se sont également portés candidats à la reprise de la filiale d’Engie : on parle de Bain Capital, Carlyle (deux fonds anglo-saxons) et le tandem franco-britannique PAI Partners-CVC. Même si ces acteurs, par leur nature, peuvent avancer l’argument qu’ils ne détruiraient pas d’emplois, n’ayant pas de synergies à faire valoir. Cela dit, les fonds de private equity ont des exigences de rendement financier qui exercent une pression importante sur les actifs qu’ils acquièrent.

Autre argument avancé par Gauthier Louette : "Spie est le seul acteur des services multitechniques qui ne soit pas une branche d’un groupe de BTP ou d’énergie, mais un ‘pure player’". Allusion au fait que Bouygues est un conglomérat (présent dans le BTP, les télécoms et les médias), tandis qu’Eiffage est d’abord un groupe de concessions et de BTP.

Engie, conseillé par Credit Suisse, BNP Paribas, Rothschild et Citigroup, s’est donné jusqu’à la fin de l’année pour choisir son favori, après un deuxième tour. "Spie a le savoir-faire et les capacités de dégager des synergies. Il a également une chance de pouvoir obtenir un financement adéquat grâce aux Banques centrales. Si c’est le cas, une telle opération provoquerait un changement tectonique dans le secteur", avance un analyste. En effet, une victoire de Spie transformerait ce dernier en numéro un européen de son secteur, avec un chiffre d’affaires d’environ 17 milliards d’euros et 110 000 salariés, devant Vinci Energies, Eiffage et Bouygues.

Reste que ses actionnaires sont sous le choc de la perspective d’une augmentation de capital potentiellement fortement dilutive. Le titre Spie a clos en baisse de 4,3%, à 19,67 euros.

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