WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Spie / Amber Capital / énergie / services aux entreprises

Entreprises / Actions
Spie / Amber Capital / énergie / services aux entreprises

Spie dans l’œil d’Amber Capital

Le fonds activiste a confirmé détenir un peu moins de 1% du capital du groupe de services à l’énergie, tout en affirmant des intentions "constructives". La banque publique Bpifrance est montée à 5% la semaine dernière. Spie, à l’actionnariat très dispersé, va devoir prendre l’initiative pour grossir.
Gauthier Louette, PDG de Spie
Gauthier Louette, PDG de Spie

Va-t-on assister à un match entre Bpifrance et un activiste ? La concomitance n’a probablement rien d’un hasard. Alors que la banque publique d’investissement a annoncé la semaine dernière être monté au capital de Spie à hauteur de 5% via son véhicule Lac1, Amber Capital admettait hier publiquement, suite à une information de BFM Business le matin même, détenir une participation de "moins de 1%" dans le fournisseur de services techniques à l’énergie.

Dans une volonté de désamorcer toute tension éventuelle, alors que la nouvelle a fait bondir l’action Spie de 4,6% à la Bourse de Paris hier, le fonds activiste a démenti les intentions que lui prête la radio, à savoir de "lancer une campagne à l’encontre de la société dont [Amber] est actionnaire depuis un an et demi". Plus précisément, se vendre à un fonds ou à un concurrent plus gros (ou mieux capitalisé) que lui.

"Comme pour l’ensemble de ses participations, Amber Capital a initié un discours constructif et apaisé avec la direction de la société afin de discuter de la stratégie et des perspectives du groupe", se défend l’investisseur créé et dirigé par Joseph Oughourlian. Contacté, Spie n’a pas souhaité faire de commentaires.

Quelles que soient les intentions de l’activiste (qui a tout de même accroché le groupe Lagardère à son tableau de chasse), la présence de Bpifrance est bienvenue et ne doit rien au hasard. Spie entre totalement dans la cible de Lac1 : aller au soutien de sociétés importantes pour l’avenir de l’économie française mais qui souffrent d’un actionnariat éclaté – donc susceptibles d’attiser la convoitise d’entreprises étrangères ou d’investisseurs purement financiers.

"Monter discrètement à 5% du capital d’une société ne se construit pas en quelques semaines. Les rapports entre Bpifrance et Spie remontent à l’année dernière", remarque un témoin. Lorsque Spie avait déposé une offre pour acquérir Equans, les services multitechniques d’Engie mis en vente l’année dernière, il s’était allié avec Bpifrance (ainsi que le fonds CDR) dans cet appel d’offres. Signe que les discussions allaient déjà bon train entre le groupe et la banque publique.

Mais justement, Spie n’a pas pu acquérir Equans au terme d’un appel d’offres acharné (remporté par le conglomérat géant Bouygues pour un montant dissuasif de 7,1 milliards d’euros). Un revers dans un secteur des services à l’énergie en pleine concentration, où la course est engagée pour grossir suffisamment vite pour ne pas être mangé. Preuve supplémentaire, le français Vinci, autre géant mondial de la construction, des services et de la concession, a acquis fin décembre Cobra IS, les activités d’énergie de l’espagnol ACS, pour 4,9 milliards d’euros. Une opération structurante.

Cette histoire rappelle furieusement celle d’Arcelor, bien placé pour savoir qu’échouer dans une acquisition stratégique peut faire de vous une cible – espérons qu’elle se conclue différemment. L’ex-sidérurgiste européen (issu de la fusion entre le français Usinor, le luxembourgeois Arbed et l’espagnol Aceralia) avait raté son offre sur le canadien Dofasco en 2005 et s’était fait avaler par l’indien Mittal Steel un an plus tard.

Spie ferait l’objet d’approches de la part de concurrents depuis deux ans de la part de groupes de BTP, assure BFM Business, mais son PDG Gauthier Louette – déjà trois mandats à la tête de l’entreprise et en route pour solliciter un quatrième – ne l’entend pas de cette oreille. S’il est parvenu à réunir un cercle d’actionnaires autour de lui (outre Bpifrance, Peugeot Invest détient 5,3% de son capital et les dirigeants et salariés 8,2%), son flottant excède les 80%. Une chose est certaine, Spie va devoir bouger.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article