Macro-économie / Taux / pétrole / énergie / Inflation
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pétrole / énergie / Inflation
Le cours du pétrole maintient l'inflation à un niveau singulièrement bas
Pour le second mois de suite l’indice des prix à la consommation (IPC) en France est dans le rouge : l'IPC a reculé de 0,5 % en septembre après une baisse de 0,1% le mois précédent. Lorsque l’on décompose l’indice, il apparaît que l’inflation liée à la consommation alimentaire ce mois-ci est de -0,5 %, celle liée aux services de -1,5 %, celle liée à l'énergie de -0,7 % et celle liée aux produits manufacturés de 1,6 %. Le rebond des produits manufacturés n’a donc pas compensé la baisse des prix dans les services, l’alimentation et l’énergie comme l’analyse l’économiste de Natixis Valérie Janod.
Plusieurs facteurs expliquent ce niveau inhabituellement bas. La crise sanitaire a entraîné une baisse de la confiance des consommateurs qui ont eu tendance à épargner davantage. Par ailleurs, la baisse du niveau d’activité global a entraîné une hausse du taux de chômage. Cela a eu une double répercussion négative sur le niveau de consommation ; un effet direct sur le pouvoir d’achat des ménages et un effet indirect via la baisse du niveau des salaires étant donné que la demande de travail est largement supérieure à l’offre. La chute sans précédent du tourisme explique également le faible niveau de consommation.
L’inflation négative dans le secteur de l’énergie liée à la forte baisse d’activité dans le secteur des transports et de l’industrie tire également les prix vers le bas sans que la politique monétaire nationale ne puisse intervenir. En effet, les injections de liquidité de l'ordre de 1500 milliards d’euros depuis le début de la crise par la Banque centrale européenne et de 450 milliards d’euros par la Banque de France, n’ont eu aucun levier sur les prix fixés par les marchés mondiaux. La chute du cours du Brent qui est passé de 69 dollars le baril en 2019 à moins de 10 dollars le baril le 21 avril 2020, est en définitive la principale responsable du faible niveau d’inflation en 2020 puisque lorsque l’on décompose l’indice sur les neuf premiers mois de l’année, l’IPC de l'énergie est de -8,0 % tandis que ceux des services, de l’alimentation et des produits manufacturiers sont respectivement de 0,6 %, 0,9 % et -0,2 %.
Par conséquent, lorsque l'on fait abstraction du pétrole, la situation est moins alarmante. L'inflation sous-jacente (ISJ) qui exclut entre autres choses le secteur des énergies est bien supérieure à l’IPC. De 0,5 % au mois de septembre en glissement annuel, elle se situe à un niveau tout à fait acceptable. À titre de comparaison, l’an dernier à la même période, l’IPC et l’ISJ étaient tous deux de 0,9 %. Concernant les perspectives, selon l'analyste Valérie Janod de Natixis, l'inflation devrait rester faible dans les prochains mois toujours en raison du cours de pétrole qui devrait stagner aux alentours de 40 dollars le baril d'ici la fin de l'année. Elle projette une lente remontée de l’IPC, qui devrait avoisiner les 0,5 % en 2020 et les 0,6 % en 2021.
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