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Indicateurs macros
pétrole / Arabie saoudite / Iran / Donald Trump / vénezuela / libye / Goldman Sachs

Le pétrole s'envole

Malgré le ralentissement de la croissance mondiale, le prix du Brent monte et a atteint un plus haut depuis cinq mois. Explications.
Pétrole - forage en Seine et Marne
Pétrole - forage en Seine et Marne

Hier, le FMI a annoncé une baisse de 0,2 points de pourcentage sur ses prévisions de croissance mondiale en 2019, à 3,3 %. Pourtant, le prix du Brent a franchi la barre des 70 dollars vendredi dernier et continue de se situer au-dessus de ce seuil, à 71,05 dollars vers midi. Malgré le ralentissement de la croissance mondiale, l'or noir s'échange à un plus haut depuis cinq mois pour trois raisons. D'abord, du fait des affrontements en Libye. Ensuite, car l'Arabie saoudite maintient ses quotas de production. Enfin, car la production du Venezuela et de l'Iran sont affectées par les volontés de Donald Trump.

En Libye, les combats font rage près de Tripoli entre camps rivaux après l'offensive du maréchal Haftar contre le gouvernement le 4 avril dernier, là où se trouve le terminal d'exportation de Zawiya. Hier, les Nations unies ont dû de fait reporter la conférence nationale qui devait réunir les protagonistes du conflit, tant les violences sont extrêmes. Côté économie, le chaos pèse sur la production et l'exportation de l'or noir dont le pays est riche. En tout état de cause, la seule menace d'escalade du conflit fait pression sur le prix du baril.

L'Arabie saoudite, déterminée à stabiliser les cours du pétrole, réduit depuis décembre sa production au-delà des engagements que le pays avait pris dans le cadre de l'Opep. L'engouement incontestable des investisseurs pour l'obligation émise par la première société productrice de pétrole, Saudi Aramco, hier ne convainc pas non plus le gouvernement : le chef de file de l'Opep prévoit de ramener ses exportations de pétrole sous la barre des 7 millions de barils par jour (bpj) ce mois-ci, bien que le pays se soit engagé à un objectif de 10,3 millions de bpj auprès de ses partenaires. À l'est de l'Arabie saoudite, le rendement du gisement de Ghawar, qui représente près de 50 % du pétrole puisé dans le royaume, a chuté à 3,8 millions de barils par jour, là où le consensus des analystes l'estimait à 5 millions. C'est ce qu'a révélé le rapport de 500 pages rédigé par Moody's et Fitch à la veille de l'émission obligataire de Saoudi Aramco, en début de semaine dernière.

En proie au désordre politique, le Venezuela est l'autre partie du monde qui fait craindre des tensions sur la production pétrolière. Dans un rapport mensuel publié mercredi, l'Opep a déclaré que le Venezuela avait indiqué au groupe qu'il pompait 960.000 barils par jour (bpj) en mars, soit une baisse de près de 500.000 bpj par rapport à février, resserrant encore les stocks mondiaux. Par ailleurs et sur l'ordre de Donald Trump, 34 navires de la compagnie pétrolière publique PDVSA ont été sanctionnés vendredi pour accroître la pression sur le Président au pouvoir, Nicolas Maduro.

Donald Trump entend bien asseoir la nouvelle suprématie énergétique, aussi grâce à l'Iran, dont les recettes fiscales dépendent à 80 % du produit de ses gisements. La sortie de l'accord nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions qui en découle, pèsent sur l'écoulement des stocks du pays, et cela même si huit pays avaient reçu un passe-droit leur permettant d'importer le pétrole iranien.

Ce contexte de prix haussiers sur le pétrole devrait durer tout au long de l'année, comme l'a précisé Goldman Sachs ce mardi 9 avril : dans une note, la banque d'investissement a précisé tabler sur un cours moyen de baril du Brent de 66 dollars en 2019, contre 62,5 auparavant. Les tensions politiques impactent le cours du Brent et inversement. En parallèle de la quête internationale aux gisements, les crises sociales autour du pétrole sont devenues monnaie courante. Dans l’actualité récente et au-delà de la mobilisation française des Gilets jaunes, le Zimbabwe a été le terrain de manifestations meurtrières au mois de janvier, après que le Président Emmerson Mnangagwa a annoncé le doublement des prix des carburants pour tenter d’enrayer la plus grave pénurie de pétrole dans le pays depuis dix ans. Ce nouveau contexte haussier promet des étincelles.

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