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Evenements / Total / Christophe de Margerie / Patrick Pouyanné / Iran

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Total / Christophe de Margerie / Patrick Pouyanné / Iran

Total sans Margerie n’est plus vraiment Total

Total a confirmé hier avoir notifié aux autorités iraniennes son retrait du contrat du projet South Pars, en Iran, à la suite des menaces de Washington. Patrick Pouyanné fait preuve d’une pusillanimité que Christophe de Margerie aurait su éviter.
Christophe de Margerie
Christophe de Margerie

Total a donc confirmé lundi avoir notifié aux autorités iraniennes son retrait du contrat du projet South Pars, en Iran, à la suite des menaces de Washington visant les entreprises qui continueraient de commercer avec Téhéran. Rappelons que les États-Unis ont décidé de rétablir progressivement leurs sanctions contre l'Iran après leur retrait de l'accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien, signé par l'Iran, les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'Onu (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) et l'Allemagne. De fait, plusieurs entreprises européennes ont annoncé la suspension ou l'arrêt de leurs activités en Iran.

Le contrat signé par Patrick Pouyanné en septembre 2017, il y a tout juste un an, en vue du développement de la phase 11 de South Pars attribuait à Total une part de 50,1% dans ce qui apparaissait alors comme le plus grand gisement gazier au monde, avec un investissement initial d'un milliard de dollars. Et sans doute une mise de fond globale de 5 milliards de dollars.

Il est regrettable que le groupe pétrolier français, qui grâce au carnet d’adresses de feu-Christophe de Margerie, avait réussi il y a un an à signer ce retour glorieux dans l’empire perse, annonce aujourd’hui son départ sur la pointe des pieds, par seule peur de représailles américaines. Et surtout alors que des discussions ont toujours lieu en bilatéral et au niveau européen afin que les entreprises françaises soient exemptées de sanctions américaines.

Il est certain que si Christophe de Margerie était encore à la tête de Total, le groupe ne serait pas allé de cette manière à Canossa. Rappelons qu’il avait ouvertement entamé les hostilités avec les États-Unis affirmant qu’il n’y avait pas de raison pour que le pétrole ne soit payé qu’en dollars. Ce qui lui avait attiré la sympathie de Vladimir Poutine et de nombreux chefs d’Etat étrangers. De même il avait légitimé l’annexion de la Crimée par la Russie fustigeant les sanctions européennes contre la Russie. Bref Christophe de Margerie se battait partout où il le fallait pour défendre les intérêts de Total et ceux de la France.

O tempora, O mores. Nul ne sait ce que va devenir la participation de Total. Il semble prévu que dans le cas d’un tel retrait, c’est CNPC, la société d’Etat chinoise qui a le droit de reprendre cette participation. Ce qui ajoute à l’amertume le déshonneur.

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