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TotalEnergies / Patrick Pouyanné / énergies renouvelables / GNL / gaz naturel liquéfié / Clearway Energy Group / cash-flows / Dividende
Pour TotalEnergies, les Etats-Unis remplacent la Russie
"Less Russia, More US". La nouvelle devise de TotalEnergies annoncée par Patrick Pouyanné, son président-directeur général, lors de la journée investisseurs que la compagnie organisait mercredi à New-York, a logiquement consacré les nouvelles priorités géographiques du géant pétrolier et gazier français. Dicté par les faits géopolitiques, ce mantra devrait résonner positivement aux oreilles de la base croissante d'investisseurs nord-américains présents au capital de l’entreprise. L'accent mis sur les États-Unis avec un important potentiel de croissance dans le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) est d’ailleurs "de bon augure pour les cash-flows du groupe", observe un analyste.
Capex en hausse
La présentation hier de la stratégie a été l’occasion pour le groupe se fixer un nouvel objectif de hausse de 4% par an de sa production globale d’énergie sur la période 2021-2030. Une prévision qui s’appuie sur une enveloppe d’investissement réhaussée de 2 milliards de dollars, qui s'établirait entre 14 et 18 milliards de dollars par an sur 2022-2025, consacrée en priorité au développement des énergies décarbonées et aux programmes de réduction de son empreinte carbone, conformément au nouveau profil multi-énergies de l’entreprise.
Les investissements dans le solaire et l'éolien dépasseront ainsi 4 milliards de dollars dès 2022 (contre 3 milliards de dollars en 2021), tandis qu’un programme d’un milliard d'euros d'économies d'énergie sera déployé à l'échelle mondiale. Les deux tiers restants des investissements seront dédiés à la croissance dans le GNL d'une part et à développer des projets pétroliers "à faibles coûts et basses émissions" d'autre part. "TotalEnergies suit une stratégie pertinente en se concentrant sur les actifs susceptibles de générer rapidement des liquidités, tant dans le domaine des énergies renouvelables que dans celui des hydrocarbures", note le même analyste.
Premier exportateur de GNL aux Etats-Unis
Le groupe a déjà eu l’occasion à maintes reprises de souligner que le GNL occupait une place essentielle de sa stratégie du fait de sa capacité à remplacer le charbon et à jouer un rôle primordial dans la transition énergétique. L’entreprise a ainsi annoncé lors de sa journée investisseurs qu'elle visait dans le GNL une croissance de sa production de 40% d'ici 2030. Son défi est de remplacer la perte de la production russe (le groupe disposant de participations dans les actifs de Yamal LNG, dans le projet Arctic LNG 2 et dans le groupe gazier Novatek) par ses nouveaux projets au Qatar et aux Etats-Unis où il est le premier exportateur. Une position de leader acquise "grâce à des acquisitions opportunistes et contracycliques réalisées il y a quelques années", rappellent les analystes d’Oddo BHF, et où le groupe est à l’affût de nouvelles opportunités. Le marché du GNL y est en effet en plein boom du fait des nouveaux et importants débouchés européens alors que l’Europe cherche par tous les moyens à se passer du gaz russe.
S'agissant des énergies renouvelables, le groupe dirigé par Patrick Pouyanné a réitéré mercredi ses objectifs de 35 gigawatts (GW) de capacités à l’horizon 2025 et de 100 GW en 2030. Des ambitions vers lesquelles l’acquisition il y a quelques mois de 50% du cinquième producteur américain d'énergies renouvelables, Clearway Energy Group, a permis de faire un pas important tout en accentuant l’empreinte géographique du groupe outre-Atlantique. D’autant qu’elle est intervenue juste après celle de Core Solar, autre société américaine, spécialisée dans le développement de projets solaires et disposant d’un portefeuille de projets à construire de 4 GW. Dans le même temps, la production de pétrole devrait continuer à croître légèrement, de 1,5% jusqu’en 2027, avant d’amorcer un déclin.
Acompte sur dividende exceptionnel
Les hydrocarbures continueront ainsi à générer des revenus importants qui financeront la transition énergétique et le retour aux actionnaires. La compagnie a annoncé mercredi qu’elle prévoyait une croissance de son cash-flow (hors Russie) de 4 milliards de dollars à horizon de cinq ans, une croissance dont devraient bénéficier les actionnaires en soutenant celle du dividende. TotalEnergies prévoit de distribuer 35 à 40% de ces liquidités aux actionnaires "à travers les cycles", et ce dès 2022. Tout en maintenant son programme de rachats d'actions à 7 milliards de dollars sur l'ensemble de l'exercice, la société a en effet annoncé son intention de verser un acompte sur dividende exceptionnel d'un euro par action en décembre 2022. Une décision prise en plein débat en France sur la question de créer une taxe spéciale sur les "superprofits", sujet sur lequel Patrick Pouyanné a récemment eu l’occasion de faire valoir ses arguments.
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