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Orange / Christel Heydemann / Dividende / MasMovil / Espagne

Orange renoue avec la croissance / Mais « oublie » ses actionnaires

Le chiffre d’affaires d’Orange retrouve de l’allant tandis que la rentabilité devrait à son tour s’améliorer en fin d’année. Des progrès dont les actionnaires ne bénéficieront pas totalement, le groupe ayant décidé de laisser son dividende inchangé. Le processus réglementaire en vue de la fusion avec MasMovil en Espagne se poursuit.
Christel Heydemann, la directrice générale du groupe Orange - Eric TSCHAEN/REA
Christel Heydemann, la directrice générale du groupe Orange - Eric TSCHAEN/REA

Pour sa troisième présentation de résultats depuis sa nomination à la tête d’Orange en avril dernier, Christel Heydemann peut-être satisfaite. "Dans un contexte macroéconomique dominé par l’inflation, Orange démontre une nouvelle fois la résilience de ses résultats et la complémentarité de ses différents marchés", a souligné la directrice générale.

L’opérateur historique de télécommunication n’a pas déçu en annonçant pour son troisième trimestre une hausse de 1 % de son chiffre d’affaires, qui a atteint 10,8 milliards d’euros, exactement comme anticipé par le consensus des analystes. Le groupe renoue ainsi avec la croissance après un deuxième trimestre qui avait été marqué par un léger recul de 0,4 %. Un mieux-aller qui découle d’abord du fait que "les services au détail font plus que compenser le déclin des services aux opérateurs", a souligné le directeur financier, Ramon Fernandez, lors d’une conférence téléphonique. Cette croissance retrouvée a aussi été soutenue en partie " par des activités non margées ou peu margées, l’accélération des ventes d’équipement ou le moindre recul des services de gros auparavant pénalisés par la baisse des tarifs des terminaisons d’appel", a également indiqué le dirigeant.

 

Vers un rebond de l'Ebitdaal

 

Cependant, cette croissance d'activités peu profitables explique aussi une rentabilité atone. Le rythme de progression de l’indicateur clé de l’excédent brut d’exploitation après leasing (Ebitdaal) devient de plus en plus lent. De 1 % au premier trimestre, il est passé à 0,5 % au deuxième et maintenant 0,2 % au troisième. Ni la direction ni les analystes ne s’en inquiètent néanmoins, dans la mesure où il y a de bonnes raisons de croire que la fin de l’année devrait montrer une amélioration.

La croissance de l'Ebitdaal devrait s'accélérer au quatrième trimestre "grâce au retournement d’effets de base", un phénomène auquel le groupe faisait déjà référence lors de ses précédentes publications. D’une part, un plan d’actionnariat salarié avait pesé sur l’Ebitdaal du quatrième trimestre 2021. D’autre part, l’activité de paiement mobile Orange Money, qui se fait tailler des croupières par la start-up américaine Wave arrivée l’an dernier sur le continent africain, parvient désormais à maintenir ses positions grâce à son plan de riposte. Et "cette amélioration devrait se poursuivre au quatrième trimestre qui bénéficiera d’un moindre effet de base compte tenu de la baisse significative des revenus d’Orange Money fin 2021", indique le groupe.

 

Ambitions espagnoles

 

En Europe, si la France fait preuve de dynamisme commercial, les bonnes nouvelles viennent surtout d’Espagne, qui a enregistré son retour à la croissance au troisième trimestre pour la première fois depuis le premier trimestre 2019, grâce à la stabilisation de la base clients ainsi qu’au lancement de services enrichis. Le groupe nourrit d’importantes ambitions dans le pays où il s’apprête à réaliser une opération importante. Orange et MasMovil, numéro 2 et numéro 4 respectivement du marché espagnol, ont signé le 22 juillet un accord portant sur le regroupement de leurs activités qui prendra la forme d’une co-entreprise contrôlée conjointement. En matière de croissance externe, "le projet espagnol est notre priorité absolue", a souligné Ramon Fernandez. "Orange a pré-notifié l’opération à la Commission européenne le 30 septembre", a-t-il précisé, le processus suivant son cours dans le but de pouvoir finaliser le rapprochement au second semestre de l’année prochaine.

En Bourse, ces nouvelles reçoivent toutefois un accueil mitigé mardi, l’action Orange perdant plus de 2 % à 9,26 euros en milieu d’après-midi. L’explication réside dans le dividende. Le groupe a annoncé qu’un coupon de 0,7 euro par action sera proposé à l’assemblée générale des actionnaires de 2023 au titre des résultats de 2022, stable par rapport à l’année précédente. Vu la confirmation des perspectives de croissance des résultats et de baisse des dépenses d’investissement, le marché espérait mieux. "Nous nous en doutions : compte tenu du contexte actuel d'inflation en France avec les premières revendications d'augmentation de salaires, Chrystel Heydemann a préféré reporter l'augmentation du dividende pour ne pas nuire à l'image d'Orange", comprend le cabinet d’analystes indépendant AlphaValue. Mais les valeurs télécoms sont des valeurs de rendement, et les actionnaires ont manifestement été oubliés.

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