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Fusions, Acquisitions / Orange / MasMovil / commission européenne / Concurrence / Télécommunications / Espagne

Fusions, Acquisitions
Orange / MasMovil / commission européenne / Concurrence / Télécommunications / Espagne

Bruxelles dit oui à Orange et MasMovil / Les ajustements proposés en faveur de la concurrence ont (finalement) convaincu

Orange Espagne et MasMovil vont pouvoir se rapprocher. La Commission européenne a approuvé ce mariage mardi, à la faveur de remèdes négociés pour garantir la concurrence sur le marché espagnol. Il donnera naissance à une co-entreprise : de quoi créer un acteur d’envergure.
Bruxelles dit oui à Orange et MasMovil (Photo by DENIS CHARLET / AFP)
Bruxelles dit oui à Orange et MasMovil (Photo by DENIS CHARLET / AFP)

Près de deux années et une copie revue plus tard, le sésame de la Commission européenne a enfin été obtenu par Orange et MasMovil. L’opérateur historique a annoncé, mardi, avoir reçu le feu vert de Bruxelles pour son projet de co-entreprise entre sa filiale espagnole et le quatrième acteur télécoms du pays. Dans le détail, l’accord permettra de créer une société commune, contrôlée à égalité par les deux entités avec des droits de gouvernance égaux.

Un nouvel ensemble qui desservira plus de 7 millions de clients de téléphonie fixe, 30 millions sur le mobile, 2,2 millions sur la télévision… et sur le plan financier, cette joint-venture devrait générer un chiffre d’affaires estimé à plus de 7,4 milliards d’euros, un excédent brut d’exploitation après loyers de 2,3 milliards d’euros, le tout pour une valeur d’entreprise dépassant les 18,5 millions d’euros et avec des synergies attendues de plus de 450 millions d’euros, à partir de la quatrième année après la clôture.

 

Créer un autre géant

 

De quoi se permettre de devenir l’un des leaders du marché espagnol et de venir concurrencer le géant national historique, Telefonica. C’est d’ailleurs ce qui avait inquiété la Commission à l’ouverture de son enquête en avril dernier. Car la transaction, initiée par le directeur général d’Orange France Jean-François Fallacher, lorsqu’il pilotait Orange Espagne, va créer le premier opérateur du pays en termes de nombre de clients, supprimer un challenger direct pour les deux groupes et aurait aussi pu entraîner une hausse des prix pour les consommateurs espagnols (supérieure à 10 %), explique Bruxelles.

Les négociations ont donc suivi leur cours et les deux parties ont proposé leurs remèdes. D’une part, MasMovil cèdera 60 MHz de fréquences à Digi, opérateur digital en Espagne. Un spectre qui "permettra à Digi de construire son propre réseau mobile et d’exercer une forte pression concurrentielle sur l’entreprise commune", estime la Commission européenne. D’autre part, un accord d’itinérance national facultatif et au prix de marché a aussi été proposé. Digi sera libre de l’utiliser ou non. Mais cette possibilité lui permettra de compléter son propre réseau, qui sera déployé en utilisant les fréquences cédées.

 

Donner le choix

 

Une option essentielle, souligne Bruxelles, étant donné qu’à l’instar du réseau actuel de MasMovil, le futur réseau mobile de Digi ne couvrira pas l’ensemble du territoire espagnol. Cet accord d’itinérance facultatif permettra ainsi de donner la liberté à Digi de poursuivre auprès de son fournisseur de gros actuel, le leader du marché Telefonica, ou bien de choisir un autre opérateur de réseau mobile : soit l’entreprise commune d’Orange et MasMovil ou Vodafone, relève la Commission.

Et la vice-présidente de la Commission européenne chargée des questions de concurrence, Margrethe Vestager, de souligner que "les engagements proposés par les parties permettront à Digi, l’opérateur de réseau mobile virtuel le plus important et à la croissance la plus rapide en Espagne, de reproduire la forte pression concurrentielle exercée par MásMóvil. Ils permettront aux consommateurs espagnols de continuer à bénéficier d’un marché des télécommunications concurrentiel, en termes de prix, de qualité et de connectivité 5G."

 

La taille critique nécessaire

 

"Toutes les bonnes choses valent la peine d’attendre !", s’est félicité le directeur général de MasMovil à l’occasion de l’annonce. "L’union des forces d’Orange et MasMovil nous permettra d’atteindre la taille critique pour innover et investir pour l’avenir", a de son côté souligné la patronne d’Orange, Christel Heydemann. Il faut dire que la consolidation du secteur télécoms est un sujet qui prend de l’ampleur depuis plusieurs années. De fait, l’industrie des télécoms fait face à de nombreux coûts fixes destinés à entretenir ses réseaux. Mais difficile de gagner en taille face à des géants américains (Netflix, Meta, Alphabet, etc.) qui contribuent moins à l'entretien de ces réseaux qu’ils utilisent et de faire grimper les prix pour mieux amortir ces investissements dans un environnement fort concurrentiel.

Voilà qui devrait donc redonner un élan aux espoirs de rapprochement des opérateurs télécoms européens. Les conditions de clôture devraient être remplies à la fin du premier trimestre 2024. En attendant, les deux sociétés continueront à fonctionner indépendamment.

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