Dirigeants, gouvernance / Orange France / Orange / directeur général / opérateurs / Télécommunications / télécoms / arcep / tarif de dégroupage
Dirigeants, gouvernance
Orange France / Orange / directeur général / opérateurs / Télécommunications / télécoms / arcep / tarif de dégroupage
Jean-François Fallacher, un dirigeant européen complètement Orange /
Le nouveau directeur général France est rompu à l'exercice de sa fonction
"Ma prise de fonction s’est d’autant mieux déroulée que je ne suis pas nouveau.", plaisante Jean-François Fallacher, à l'occasion d'un entretien accordé à WanSquare. Le nouveau directeur général d’Orange France, qui a pris ses fonctions le 3 avril dernier, est en effet plus que fidèle à l'opérateur historique : il y a réalisé toute sa carrière. Après avoir été formé à l’ingénierie à Polytechnique et Télécom Paris (ex-Télécom ParisTech), c’est plutôt naturellement que Jean-François Fallacher s’est tourné vers Orange, alors encore France Télécom. "J’y ai, tout d’abord et pendant quelques années, travaillé dans la R&D avant de basculer dans la partie commerciale de l’entreprise, sur le segment B2B [business to business, ndlr]. C’était alors l’époque de l’ouverture à la concurrence, dans les années 1995. Puis j’ai eu l’opportunité de partir – mais toujours dans le cadre de l’entreprise devenue Orange – dans une filiale rachetée aux Pays-Bas.", retrace le nouveau directeur d’Orange France.
Une première expérience de cinq années à l’étranger chez le fournisseur d’accès à internet Wanadoo, "qui avait alors la taille d’une start-up", se souvient-il et qui lancera la tendance internationale de la suite de son parcours. Quelques années plus tard, Jean-François Fallacher rejoindra Sofrecom, une filiale du groupe Orange de conseil aux opérateurs télécoms, essentiellement en Afrique du Nord et de l’Ouest. Puis, en 2011, il sera appelé à prendre la tête d’Orange Roumanie. "Je suis ainsi revenu dans la partie business. C’est une filiale importante, Orange est le leader du marché roumain.", rappelle le dirigeant.
A travers l’Europe
Après cinq années passées à Bucarest, il prendra la route de Varsovie en 2016, puisque nommé à la direction d’Orange Pologne. Il précise : "Ce qui était aussi intéressant, c’est que l’opérateur historique polonais est coté à la Bourse de Varsovie. Orange en possède 51 %. Cela m’a donc permis de me frotter à la gouvernance d’une entreprise cotée." Et après plus de quatre années de bons et loyaux services, Jean-François Fallacher aura été choisi pour diriger Orange Espagne, au beau milieu de la crise sanitaire. Un défi, puisque "le marché y est très concurrentiel. Il y a plus de huit opérateurs de télécommunications, tous convergents.", pointe son ancien directeur.
Autant de positions dirigeantes qui auront finalement amené Jean-François Fallacher à prendre la tête du vaisseau amiral, Orange France, en 2023. Son expérience lui aura aussi permis d’acquérir ce qui, selon lui, correspond à la qualité principale requise chez un dirigeant : "La capacité à fédérer pour répondre aux besoins des clients. A travailler avec une équipe et en équipe. Les succès que j’ai pu réaliser dans les différentes géographies se doivent aussi à mes collaborateurs." Des succès qui répondaient, de fait, à des défis de taille auxquels le polytechnicien a dû faire face. Et ce, pays par pays.
Redresser, déployer, consolider
D’abord en Roumanie, alors que le pays était durement touché par la crise financière de 2008. "Nous y avons fait un travail de redressement admirable.", se félicite le directeur. Puis en Pologne, où, à nouveau, il aura eu la tâche de redresser une société en phase de décroissance depuis des années. Mais aussi de déployer la fibre optique ou le réseau 5G dans le pays. "Et je suis fier d’observer que trois ans après mon départ, Orange Pologne est toujours sur belle lancée de croissance.", fait valoir le dirigeant. Et enfin, en Espagne, où l’opérateur est aussi embourbé dans des difficultés financières. Jean-François Fallacher aura ainsi été aux manettes du rapprochement (désormais à l’étude de Bruxelles) entre Orange Espagne et MàsMòvil, respectivement numéro deux et quatre du marché espagnol des opérateurs de réseau.
Pas question pour autant d’être qualifié de gestionnaire de crise : "Il s’agissait plus simplement de situations où il existait une nécessité de redresser la croissance. Nous restions dans des entreprises à cash-flow positif. Le contexte en France est très différent : nous sommes leaders.", précise le directeur d’Orange France. Pour ce qui est de la feuille de route qui incombe à sa nouvelle fonction, elle a déjà été bien intégrée par Jean-François Fallacher. "Les challenges, nous les connaissons déjà. Il s’agit d’abord de renforcer notre leadership en France. Nous relèverons aussi un défi unique en connectant les Jeux de Paris 2024. Et bien sûr, il faut poursuivre la bascule du cuivre vers la fibre optique pour fermer notre réseau historique d’ici 2030.", indique-t-il.
Changement de paradigme
Un sujet d’une importance capitale puisque, de son fait, le modèle d’affaires d’Orange sera voué à se transformer. Et malgré les revendications de ses concurrents et le rappel à l’ordre de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), le directeur d’Orange France soutient qu’"Orange a investi massivement dans les réseaux. Nous sommes le principal déployeur de fibre en France et avons le meilleur réseau mobile depuis 12 ans. Mais il reste un problème d’équation économique : l’entretien du réseau cuivre nous coûte de plus en plus cher car nous avons de moins en moins de clients qui l’utilisent."
Une requête entendue par le gendarme des télécoms, puisqu'il a récemment accordé à l’opérateur historique une hausse des tarifs de dégroupage (soit le loyer payé par SFR, Bouygues Telecom et Free à Orange pour pouvoir utiliser son réseau de cuivre). "Cela va dans le bon sens mais ce n’est actuellement pas suffisant. Il ne s’agit à ce stade que de la révision d’une taxe que nous payons déjà." affirme Jean-François Fallacher. Et il conclut : "Nous, industriels du secteur, pensons qu’il y aura à gagner à rapprocher nos différents marchés européens. Nous pensons que l’avenir sera à la consolidation : je rappelle que nous sommes un business extrêmement capitalistique. Il y a un euro d’investi pour cinq euros de chiffres d’affaires."
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