Entreprises / Actions / Meta / Télécommunications / Numérique / Union européenne / GAFAM / tech / opérateurs / Thierry Breton
Entreprises / Actions
Meta / Télécommunications / Numérique / Union européenne / GAFAM / tech / opérateurs / Thierry Breton
Meta liste ses arguments contre les taxes défendues par les télécoms / Une consultation européenne donnera l'impulsion à la suite du dossier
Une contre-attaque, dans les règles de l’art. Dans une lettre publiée par Meta, la firme de Mark Zuckerberg est revenue, point par point, sur son désaccord à l’égard des vœux des opérateurs de télécommunication européens de voir les géants du numérique contribuer à l’entretien des infrastructures. "Les propositions de frais de réseau reposent sur une fausse prémisse, car elles ne reconnaissent pas la valeur que les fournisseurs d’application de contenu (CAP) créent pour l’écosystème numérique, ni les investissements que nous réalisons dans l’infrastructure qui le sous-tend", ont ainsi conjointement entamé Kevin Salavadori, vice-président Réseau de la firme de Menlo Park et Bruno Cendon, son directeur des technologies sans fil.
Pour Meta, les opérateurs et les CAP sont des entreprises "symbiotiques". A chacun sa place dans l’écosystème numérique, car leurs rôles sont complémentaires. Pour étayer son propos, Meta n’a pas hésité à s’armer de chiffres. Tout d’abord, au regard de son nombre d’utilisateurs : "des milliards de personnes se connectent chaque jour à [nos] contenus, créant ainsi une demande qui permet aux opérateurs de télécommunications de facturer l’accès à Internet".
Des investissements et des économies
Puis, le géant du numérique renchérit. Sur la dernière décennie, les CAP ont investi collectivement 880 milliards de dollars dans les infrastructures numériques mondiales, ce qui aurait permis aux opérateurs de télécommunication d’économiser 6 milliards de dollars par an. A cela s’ajoutent des investissements dans les câbles sous-marins, dont la capacité a quadruplé en quatre ans, tandis que le coût par bit (l’unité de mesure utilisée dans les systèmes d’information) chutait. "Il est inférieur au quart de ce qu’il était il y a cinq ans", estime ainsi Meta. "Une plus grande capacité à moindre coût a profité aux particuliers et aux entreprises des deux côtés de l’Atlantique", poursuit le groupe.
Enfin, la maison-mère de Facebook, Instagram et Whatsapp assure avoir déployé des capitaux dans la construction et le déploiement d’un réseau de diffusion de contenu, permettant de propager la quasi-intégralité du contenu demandé par ses utilisateurs. "Nous ne facturons pas les opérateurs pour cela", revendique Meta.
L’Union européenne sur le dossier
L’inventaire d’arguments prend ainsi place au sein d’un débat qui oppose deux camps, bien distincts, depuis plusieurs années. Les opérateurs télécoms faisant de leur côté valoir que les géants américains profitent d’un réseau sans y contribuer financièrement et, alors, que le trafic de données est concentré entre leurs mains. Et le calendrier choisi par Meta pour faire valoir sa cause n’est, pas ailleurs, pas inopportun.
La Commission européenne a en effet lancé, à la fin du mois de février, une consultation publique relative au financement des réseaux télécoms par les grandes plateformes du numérique. Si la consultation sera plus généralement intégrée au sein d’un débat sur la régulation des télécoms européens, "nous devons également examiner si la réglementation est adaptée aux 'GAFA' (Google, Apple, Facebook, Amazon) par exemple, qui utilisent la bande passante (fournie par) les opérateurs de télécommunications", soulignait ainsi à l’agence Reuters, en septembre dernier, le Commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton. Ouverte aux organismes publics et privés, aux particuliers et aux professionnels, la consultation prendra fin le 19 mai prochain. Les conclusions tirées de cette enquête donneront ainsi au dossier ses futures orientations.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

