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Dirigeants, gouvernance / Xavier Niel / Free / Iliad / Télécommunications / Orange / Sénat

Dirigeants, gouvernance
Xavier Niel / Free / Iliad / Télécommunications / Orange / Sénat

Xavier Niel fait valoir ses revendications au Sénat / Sans sixième chaîne, les télécoms reviennent à l'ordre du jour

Le patron de Free a été entendu ce matin par la Commission des affaires économiques du Sénat. Il est, entre autres, revenu sur la hausse des tarifs de dégroupage et le poids de la fiscalité imposé au secteur de la télécommunication. 
Xavier Niel (©Xavier POPY/REA)
Xavier Niel (©Xavier POPY/REA)

Si ce n’est pas sur la six, alors cela ne le sera nulle part. Entendu devant la Commission des affaires économiques du Sénat ce matin, Xavier Niel est rapidement revenu sur la réattribution du sixième canal hertzien à la chaîne M6, alors même que le patron de Free était venu disputer son siège devant l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelles et numérique (Arcom). "Sur le projet SIX, l’Arcom ne nous a pas donné raison. Nous l’avions dit publiquement, nous avions l’impression d’une procédure perdue d’avance. Cependant, nous pensons qu'il n'est pas possible d'exister dans la télévision autrement que sur les six premiers canaux. (...) Nous avions déjà annoncé que sans ce canal six, nous ne serions pas vraiment intéressés par les autres", a ainsi précisé le milliardaire. Voici pour le sujet des ambitions télévisuelles du fondateur du groupe Iliad, puisque l’audition aura davantage été l’occasion pour lui de faire valoir ses doléances au sujet de son premier cœur de métier : la télécommunication.

Notamment au regard des récentes actualités du secteur. L’opérateur Orange a obtenu, à la fin du mois de février et de la part de l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), une hausse des tarifs de dégroupage. En clair, le régulateur des télécoms a ainsi notifié à la Commission européenne son intention d'augmenter de 39 centimes par mois le prix payé par les autres opérateurs à Orange, pour pouvoir utiliser le réseau cuivre historique.

 

De quoi augmenter la rente d'Orange ?

 

La nouvelle a du mal à être entendue par le patron de Free. "Le sujet lorsque nous augmentons le prix du dégroupage, c’est surtout que nous augmentons la rente d’Orange. Regardez, chez Sosh [marque de téléphonie mobile qui appartient à Orange, ndlr], le forfait ADSL est moins cher que celui de la fibre optique. Nous avons l’impression que l’Arcep se couche devant Orange ", s’est-il agacé devant les sénateurs. Si Xavier Niel reconnaît qu’une hausse de ces tarifs de dégroupage est envisageable, il juge préférable qu'elle le soit au plus près de l’échéance de fermeture des réseaux de cuivre, prévue d’ici à 2030. Elle permettrait ainsi d’inciter les clients réfractaires à la fibre optique à se diriger vers celle-ci, a soutenu le patron de presse. Mais "si le réseau de cuivre doit fermer dans cinq ans, rien ne justifie d’augmenter les tarifs maintenant", persiste Xavier Niel.

La directrice générale d’Orange, Christel Heydemann, avait entre autres fait valoir, lors d’une audition devant les sénateurs en décembre, que le calcul de la tarification du dégroupage sous-évaluait la fiscalité imposée aux opérateurs de télécommunication. Voilà donc au moins un point sur lequel les deux dirigeants se rejoignent. "La fiscalité sectorielle est un vrai fardeau. Avec l’énergie, nous sommes le secteur le plus surtaxé du pays", a avancé le patron de Free.

 

Près de trois points de hausse

 

En cause, notamment, la hausse de l’imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (Ifer) prévue pour 2023, dont le niveau a été fixé à 4,3 % contre 1,5 % en 2022. La hausse de cette taxe reversée aux collectivités territoriales indigne ainsi le milliardaire, qui souligne que le cash généré par les opérateurs est déployé dans des investissements et dans le développement à l’international.

"Quand les pouvoirs publics réclament de la réindustrialisation et de la présence française dans les domaines stratégiques, ce n’est pas heureux d’appauvrir les groupes qui ont la capacité de le faire", a-t-il indiqué. La Fédération française des télécoms (FFT) avait bien essayé de plaider la cause du secteur à l’approche des dernières élections présidentielles en matière de fiscalité. Mais Free est le seul opérateur de l’Hexagone à ne pas faire partie de l'organisation. Alors Xavier Niel ironise : "Nous travaillons très bien avec eux. Mais pour citer Groucho Marx, je dirais que jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui accepterait de m’avoir pour membre".

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