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Arcep ; enchères ; frequences 5G ; europe ; operateurs telecoms

Evenements / 5g / Telefonica / Bouygues Telecom / Orange / SFR / Free / Union européenne / Italie / Allemagne

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5g / Telefonica / Bouygues Telecom / Orange / SFR / Free / Union européenne / Italie / Allemagne

Fréquences 5G : les prix s'envolent en Europe

Après l'Italie en octobre dernier, l'attribution en cours des fréquences 5G en Allemagne devrait atteindre un montant record. Wansquare fait le tour d'horizon des enchères en Europe, qui ont déjà dépassé les six milliards d'euros au grand dam des opérateurs.
5G
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Les enchères s'envolent en Europe concernant les fréquences 5G, pour lesquelles douze pays de l'Union ont déjà engagé leurs procédures d'attribution. Alors que la France lancera son processus à l'automne prochain et fixera un prix de réserve d'ici l'été, les montants - parfois record - déjà en jeu dans les pays voisins donnent une idée de l'intérêt des opérateurs.

En Allemagne, la procédure d'enchères a commencé le 19 mars et ne prendra fin que lorsque plus aucune entreprise ne soumettra d'offres. Après 10 semaines et 450 tours d'enchères, le total dépasse déjà les 6 milliards d'euros pour 41 blocs de fréquence 5G. Un montant tel que plusieurs sociétés de télécoms ont demandé à leurs investisseurs de se préparer à des périodes difficiles. United Internet et sa filiale 1&1 Drillisch ont par exemple fait approuver une réduction drastique du dividende pour 2018, qui n'ira pas au-delà du seul minimum légal de cinq centimes par action. Sur les rangs il y a également Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica Deutschland. L'envolée des prix en Allemagne tient notamment au fait que des acteurs tiers comme BASF ou Siemens peuvent participer au processus, contrairement aux règles retenues en France qui réservent les enchères aux quatre opérateurs nationaux : Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free.

Même engouement en Autriche, où l'autorité de régulation (RTR) a annoncé début mars que l'attribution de ses premières licences 5G avait atteint un montant total de 188 millions d'euros, trois fois plus que ce qu'en attendaient les autorités de ce pays de 8,8 millions d'habitants. Sept opérateurs - parmi lesquels America Movil via sa filiale A1, Deutsche Telekom via T-Mobile et le hongkongais Hutchison Whampoa via Drei - ont été retenus, déboursant selon les cas de 1,8 à 64,3 millions d’euros.

En février, la Suisse faisait ses comptes au terme de 29 tours d'enchères qui ont vu trois opérateurs débourser un montant total de 380 millions de francs suisses (près de 330 millions d'euros). Dans le détail, Swisscom s'est engagé pour près de 195,5 millions de francs suisses (172,9 millions d'euros), Salt pour 94,5 millions de francs suisses (83,2 millions d'euros) et Sunrise pour 89 millions de francs suisses (78,3 millions d'euros). Un montant que le patron de Sunrise, Olaf Swantee, a considéré comme "un bon prix", se disant "satisfait" eu égard aux montants dépensés dans les autres pays.

L'Italie notamment a défrayé la chronique en septembre et octobre dernier. Après 14 jours d'enchères, elles ont atteint le montant record de 6,55 milliards d’euros, alors que l'objectif minimal du ministère de l'Industrie était fixé à 2,5 milliards d'euros. Deux opérateurs ont dépensé à eux seuls les trois quarts de la dépense : TIM (Telecom Italia) et Vodafone, qui ont chacun aligné 2,4 milliards d'euros, tandis qu'Iliad, la maison mère de Free, récemment débarqué en Italie a engagé 1,12 milliard d'euros.

En Espagne, en revanche, la vente des fréquences 5G en 2018 a été beaucoup plus raisonnable, atteignant un total de 437 millions d'euros (pour un prix de réserve de 100 millions d'euros), pour les trois opérateurs candidats Vodafone, Orange et Telefonica.

Précurseur, le Royaume-Uni a clos la première phase de son processus dès avril 2018. Il regroupait des fréquences 5G et 4G et la part rapportée par la 5G a atteint 1,15 milliard de livres (près d'1,3 milliard d'euros aujourd'hui), respectivement 302,6 millions de livres pour EE Limited, 151 millions pour Hutchison UK, 318 millions pour Telefonica UK et 378 millions pour Vodafone.

Les montants très importants atteints par certaines enchères - qui atteignent déjà plus de 15,5 milliards d'euros en cumulé dans les principaux pays européens - inquiètent les opérateurs non encore pourvus de fréquences, qui répètent que chaque euro dépensé en enchères n’est pas investi dans le réseau. En Belgique, les enchères doivent être lancées cette année et pourraient très largement dépasser les 700 millions d'euros attendus par le Trésor belge.

En France, les enchères commenceront à l'automne pour un premier contingent de 300 mégahertz et le début du déploiement commercial est prévu en 2020. Le président de l'Arcep Sébastien Soriano s'est voulu rassurant il y a quelques jours, disant qu'il veillera à ce qu'elles restent dans un ordre de grandeur raisonnable. Évoquant l'Italie, il a lâché "la base de comparaison, ce n'est pas six milliards, c'est peut-être trois". L'État doit fixer d'ici l'été son prix de réserve.

Pour rappel, la vente précédente des fréquences 4G avait rapporté près de 3,6 milliards d'euros à l'État.

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