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SFR paye les méthodes d'Altice
L'opérateur télécom a écopé d'une amende hier lundi 18 novembre pour ses retards de paiement à répétition, d'un montant de 3,7 millions d'euros. Le plafond est de 2 millions d’euros mais il peut être doublé en cas de réitération du manquement dans un délai de deux ans à compter de la date à laquelle la première décision de sanction est devenue définitive, ce qui est donc le cas pour SFR. C'est la contravention la plus élevée de l'histoire pour ce type de délit, mais étant donné les faits qui lui étaient reprochés, il n'y a rien d'étonnant à cela.
Selon le constat fait par la Direction générale de concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), sur les six derniers mois de l'année 2017, SFR réglait 32 % de ses factures en retard, avec un "retard moyen pondéré" de 28 jours par rapport aux délais de paiement légaux (60 jours ou 45 jours fin de mois, hors délais spécifiques). Finalement, SFR retenait de façon tout à fait illicite plus de 72 millions de trésorerie. Déjà deux ans auparavant, Bercy avait constaté que 62 % des factures de SFR étaient réglées en retard par rapport aux délais de paiements légaux, avec un retard moyen pondéré là encore de 28 jours. L'opérateur présidé par Alain Weill, autre que le bras droit de Patrick Drahi, s'était tout de même amélioré de trente points de pourcentage !
Cette moindre fraude n’aura pas suffi à convaincre les enquêteurs. Ne pas payer ses factures lorsque l'on est un opérateur aussi majeur de l'écosystème français, c'est une source de risque pour l'ensemble de l'économie. C'est une façon de faire porter sur ses fournisseurs une part significative du risque de crédit bancaire, tout en sachant les risques de contagion des difficultés de trésoreries des petites et moyennes entreprises.
La sentence tombe aujourd'hui mais les malversations étaient connues depuis longtemps et par beaucoup. Depuis que Numericable a racheté SFR, les fournisseurs subissent les méthodes arbitraires d'Altice, la maison mère. Des ardoises qui s'accumulent pour amasser de la trésorerie illégale, en plus de demandes systématiques de remises sur les prestations, sur fond de menaces en justice. En mai 2015, devant la Commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale, Patrick Drahi s'expliquait sur les méthodes musclées de Numericable-SFR vis-à-vis de ses fournisseurs, qui avait valu à SFR et Numericable déjà une amende de 375.000 euros chacun de sanction de la part de la DGCCRF. Deux ans avant encore, SFR était aussi bon dernier du classement de la relation interentreprises que la médiation avait publié et lorsque l'opérateur était contrôlé par Vivendi.
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