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Fusions, Acquisitions / patrick drahi / Altice / Bernard Arnault / François Pinault

Fusions, Acquisitions
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Marché de l’art : Patrick Drahi entre dans l’arène

Le patron d’Altice a créé la surprise en mettant la main sur la célèbre maison de ventes aux enchères Sotheby’s, pour une valeur d’entreprise de 3,7 milliards de dollars. Il se place ainsi aux côtés de François Pinault et Bernard Arnault, les deux magnats du luxe qui ont largement investi dans le secteur.
Patrick Drahi
Patrick Drahi

Alors que tout le monde attend Altice comme candidat à la reprise des actifs vendus par T-Mobile et Sprint pour faire valider leur fusion, Patrick Drahi s’est une fois de plus positionné là où on ne l’attendait pas. Via une holding familiale intitulée BidFair USA, le fondateur d’Altice a lancé une offre sur la célèbre maison de ventes aux enchères américaine Sotheby’s : il a proposé 57 dollars par action, soit une généreuse prime de 61 % sur son dernier cours à la Bourse de New York vendredi et une valeur d’entreprise de 3,7 milliards de dollars. Une offre qui a été acceptée par le board de la cible : "après plus de 30 ans comme entreprise cotée, le temps est venu pour Sotheby’s de revenir à un actionnariat privé pour continuer sur un chemin de croissance et de succès", a déclaré Domenico de Sole, chairman du groupe.

LionTree est conseil côté Sotheby’s, tandis que Patrick Drahi a été entouré par BNP Paribas et Morgan Stanley. La banque verte a même été financeur exclusif de l’opération, qui sera payée via l’argent personnel de Patrick Drahi. Ce dernier s’est engagé à ne vendre aucun titre Altice, mais fera remonter 400 millions de dollars de sa filiale Altice USA, cotée aux États-Unis, d’ici à la fin de l’année pour se financer.

Avec cette opération, le milliardaire franco-israélien entre dans la cour des grands des magnats français, François Pinault et Bernard Arnault, les deux rivaux de toujours qui investissent tous deux largement dans le marché de l’art depuis de nombreuses années. Grand collectionneur et amateur d’art, François Pinault a commencé l’aventure avec la première maison de ventes aux enchères au monde Christie’s dès 1998, lorsqu’il en a pris le contrôle pour près de 1,2 milliard de dollars. Il a ensuite jeté son dévolu sur l’Italie, et a ouvert deux musées d’exception : le Palazzo Grassi, racheté à Fiat en 2005, et la Pointe de la Douane.

Bernard Arnault n’a pas tardé à réagir : l’année suivante, il rachète le numéro trois mondial des ventes aux enchères, Phillips, pour 90 millions d’euros, mais l’aventure ne sera pas un succès. Quatre ans plus tard, il revend ses parts à de Pury & Luxembourg, emmené par les dirigeants de Phillips. Mais depuis, le patron de LVMH a trouvé sa revanche avec la fondation Louis Vuitton, un gigantesque projet à 300 millions d’euros qui a ouvert dans le Bois de Boulogne en octobre 2014 et qui continue de battre régulièrement des records d’affluence.

Si Bernard Arnault a commencé à collectionner l’art plus tardivement, Patrick Drahi se rapproche de François Pinault dans le sens où il est depuis longtemps amateur de belles œuvres et s’est lui-même qualifié ce matin de bon client de Sotheby’s depuis de nombreuses années. Mais avec cette opération ambitieuse, le magnat des télécoms "self-made man" veut ici s’imposer dans le sérail des grands tycoons français. Mais aussi confirmer l’adage d’Andy Warhol : "Good business is the best art".

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