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BFM n’a pas besoin de faire du chantage auprès de Free

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exclusif BFM n’a pas besoin de faire du chantage auprès de Free

EXCLUSIF. La chaîne d’information en continu créée par Alain Weill et aujourd’hui détenue par Altice réclame 6 millions d’euros à Free pour continuer à être diffusée. C’est plus un chantage entre deux opérateurs téléphoniques qu’une nécessité économique.
Alain Weill
Alain Weill

Depuis un an plusieurs chaînes d’information diffusées gratuitement sur la TNT, mais également diffusées à travers des box d’opérateurs téléphoniques demandent à ces géants des télécommunications une sorte de droit de péage afin de pouvoir être regardées sur des box griffées à leur marque. BFM a ainsi obtenu de la justice qu’à compter de ce soir, Free ne pourrait plus diffuser cette chaîne sous peine d’une astreinte de 100.000 euros par jour. De ce que l’on sait des discussions entre Free et BFM, la chaîne de télévision demanderait une redevance de 6 millions d’euros.

Curieusement jusqu’à ce que l’actionnaire de BFM devienne également l’actionnaire de SFR, concurrent direct de Free, la question ne s’était jamais posée. Et les deux acteurs entretenaient les meilleures relations au point qu’Alain Weill était administrateur d’Iliad, la maison mère de Free.

Mais selon les informations de WanSquare, si l’audience de BFM TV est en forte hausse, sa rentabilité peine à décoller vraiment. Ce qui justifierait ce contentieux entre les deux groupes. L’an passé BFM TV n’a affiché que 16,2 millions de chiffre d’affaires, uniquement lié à la publicité, et un résultat d’exploitation de 2,7 millions d’euros tout à fait honorable. Finalement, le résultat net s’est inscrit à 1,1 million d’euros au lieu de 0,7 million l’année précédente.

Ces chiffres sont a priori satisfaisants, surtout comparés à ceux de LCI qui affiche une perte supérieure au chiffre d’affaires. Mais c’est sans compter les ambitions de Patrick Drahi et d’Alain Weill dans la télévision. Après avoir fait venir Marc-Olivier Fogiel à la tête de BFM TV, celle-ci veut devenir la télévision d’information en continu de référence. Ce qui nécessite beaucoup d’investissements, un coup de grille bien plus élevé et des recrutements importants, alors que l’effectif n’est que de 75 jeunes journalistes souvent mal payés. Alain Weill veut jouer dans la cour des grands. Cette ambition est louable. Le fait de prendre en otage les abonnés de Free, parce que ce groupe est une "poche profonde", l’est moins.

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