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Altice Europe se lance dans la consolidation en Israël
Après plusieurs semaines de rumeurs, le scénario d’une consolidation des télécoms en Israël se confirme. Partner Communications, l’ex-Orange Israël coté au Nasdaq et à la Bourse de Tel-Aviv, a confirmé mercredi avoir reçu une offre d’achat de la part d’Altice Europe. Le groupe de Patrick Drahi a proposé, via sa filiale HOT dans le pays, un prix de 3,5 milliards de shekels (930 millions d’euros), soit une prime de 18,5% par rapport à son cours de clôture mercredi, pour mettre la main sur le deuxième opérateur mobile israélien.
Une telle opération serait structurante pour le marché israélien, qui est encore très éclaté avec pas moins de six opérateurs dans le pays et une guerre des prix très rude. Créé en 1999 et introduit en Bourse moins d’un an plus tard, Partner Communications n’est autre que l’ancien Orange Israël, sans lien capitalistique avec l’opérateur français mais dont il a longtemps utilisé le nom via un accord de licence, qui a duré jusqu’en 2016. Mais depuis 2012, l’entrée de nouveaux acteurs et l’émergence de nouveaux services de télévision et Internet ont rebattu les cartes du marché, et les avantages compétitifs des premiers entrants.
Au troisième trimestre, les revenus de HOT et de Partner Communications ont ainsi reculé de 4 et 2% respectivement. Si bien que ces acteurs n’ont actuellement pas les reins assez solides pour investir suffisamment dans la fibre optique et la 5G, si bien qu’une première opération de consolidation serait un bon moyen de retrouver des marges pour les allouer à la construction de réseaux à très haut débit.
Si elle parvient à ses fins, la filiale d’Altice HOT deviendrait le premier opérateur mobile du pays, avec 40% de parts de marché, et serait proche de doubler l’opérateur historique Bezeq sur l’Internet fixe. Une opération qui ne se fait pas à un prix exorbitant, dans la mesure où le titre Partner Communications a chuté de 16% sur un an. Surtout, Patrick Drahi pourrait vouloir revendre ses infrastructures, utilisées par plus de consommateurs après cette fusion, et monétiser ses actifs comme il vient de le faire ailleurs en Europe.
HOT ne représente certes que 7% des revenus et 6% de l’Ebitda d’Altice. Mais faute d’avancement sur un possible scénario de consolidation en France, Patrick Drahi se positionne à la fois pour participer à une consolidation nécessaire en Israël, mais aussi pour dégager du cash afin de se désendetter dans un deuxième temps. Une configuration qui justifie pleinement l’utilisation de ses – précieuses – liquidités.
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