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Fusions, Acquisitions / télécoms / M&A / Concurrence / consolidation

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T-Mobile/Sprint : le procès de la dernière chance

Plusieurs États ont attaqué en justice la fusion à 26 milliards de dollars entre les deux groupes télécoms, dont le procès s’est ouvert lundi. Un recours atypique alors que les autorités fédérales l'avaient approuvée, et qui est surtout cruciale pour Sprint et son actionnaire, Masayoshi Son.
T-Mobile - Sprint
T-Mobile - Sprint

Le retour à trois opérateurs télécoms est un sujet brûlant, quel que soit le pays. Et lundi, la question est revenue sur le devant de la scène aux États-Unis, où Sprint et T-Mobile doivent défendre en justice leur fusion à 26,5 milliards de dollars, annoncée en avril 2018. La situation est inhabituelle : alors que ce sont normalement les autorités de la concurrence fédérales qui bloquent une opération M&A, ce sont cette fois 13 États qui se sont ligués pour attaquer en justice le deal, validé par le Département de la Justice américain.

Le procès s’est ouvert lundi à New York, et les pouvoirs publics, emmenés par les États de New York et Californie, cherchent à prouver d’un côté que cette réduction du nombre d’acteurs dans un secteur télécoms très concurrentiel va conduire à une hausse automatique des prix. Tandis que de l’autre côté, T-Mobile et Sprint font valoir qu’en unissant leurs forces, ils pourront investir davantage dans la technologie 5G, et assurer une baisse conséquente des prix.

L’aval de l’opération par les autorités antitrust n’a pourtant pas été une promenade de santé pour les deux opérateurs. Si la Federal Communications Commission, le régulateur des télécoms, a rapidement apposé son sceau en reprenant à son compte l’argument de l’investissement dans la 5G, le Département de la Justice américain a été plus difficile à convaincre, et n’a donné son feu vert qu’à l’été dernier, avec d’importantes concessions comme celle de vendre des actifs au groupe de TV par satellite Dish, de façon à ce qu’il dispose de son propre réseau et devienne, de fait, un quatrième acteur.

Les deux protagonistes doivent donc aujourd’hui reprendre leur argumentaire, afin de refaire la preuve du bien fondé de cette opération, qui créerait le deuxième acteur du secteur derrière Verizon et devant AT&T, avec environ 100 millions de clients. Et ce, 20 mois après son annonce. Or, l’enjeu est encore plus crucial pour l’un d’entre eux. Car si le titre T-Mobile n’a cessé de grimper depuis l’officialisation de son mariage grâce à ses gains de clients, la donne est inverse pour Sprint, qui subit la fuite de plus en plus d’abonnés. Vendredi, le titre s’échangeait ainsi à une décote de 30 % sur la valeur annoncée du deal en titres.

Un nouveau casse-tête de plus pour Masayoshi Son, l’emblématique patron de Softbank, qui détient Sprint. Le milliardaire japonais, qui a perdu de l’argent et ne veut plus faire autant d’investissements au secteur, cherche à s’adosser à un concurrent depuis plusieurs années, afin de l’allouer à la tech. Il aura d’autant plus besoin d’une issue favorable sur le dossier de la fusion avec T-Mobile qu’il est encore loin de la fin de ses déboires sur ses aventures tech. En particulier concernant le Vision Fund de 100 milliards de dollars, dont il essaie tant bien que mal de lever le deuxième véhicule.

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