WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
t-mobile sprint fusion consolidation attaque en justice régulateur

Fusions, Acquisitions / consolidation / M&A / Régulateur

Fusions, Acquisitions
consolidation / M&A / Régulateur

La consolidation US des télécoms a du plomb dans l’aile

Un groupe de procureurs américains a engagé des poursuites contre la fusion à 59 milliards de dollars entre les numéros trois et quatre des télécoms aux Etats-Unis, T-Mobile et Sprint. De quoi jeter l’opprobre sur l’opération, et sur un possible scénario de consolidation des télécoms US.
T-Mobile - Sprint
T-Mobile - Sprint

Des deux côtés de l’Atlantique, le passage de quatre à trois opérateurs télécoms est une question lancinante depuis plusieurs années. Si en France le sujet n’est pour l’instant plus à l’ordre du jour, l’actualité est en revanche brûlante aux États-Unis sans qu'elle soit favorable pour les acteurs du secteur. Ainsi T-Mobile US et Sprint, respectivement numéro trois et quatre des télécoms, ont annoncé leur fusion à 59 milliards de dollars en avril 2018, expliquant qu’elle était nécessaire pour réduire les coûts et financer l’investissement dans la 5G, si chère à Donald Trump et dominée par le chinois Huawei.

Il y a encore quelques semaines, le dossier avançait dans la bonne direction puisque le patron de la Federal Communications Commission (FTC), l’autorité américaine de régulation des télécoms, a donné son feu vert à l’opération à condition que soit vendue la filiale Boost Mobile de Sprint - qui pourrait être reprise par Amazon. Mais mardi, la situation s’est nettement envenimée : un groupe de dix procureurs démocrates de différents États a décidé d’attaquer le deal en justice, jugeant qu’il risquait de donner lieu à une position dominante des trois acteurs et à des hausses de prix.

Selon Letitia James, procureur général de l’Etat de New York, c’est "exactement le genre de méga-fusion néfaste aux consommateurs et destructrice d’emplois que nos lois antitrust ont été mises en place pour se prémunir". Et elle ne mâche pas ses mots sur ses intentions, indiquant que le but est de "stopper la fusion dans son élan". Pour ses détracteurs, la fusion entre T-Mobile et Sprint risque de coûter au moins 4,5 milliards de dollars par an aux abonnés de ces opérateurs et serait en particulier défavorable aux clients les plus nécessiteux. Les procureurs veulent obtenir une injonction préliminaire d’un juge, de façon à bloquer temporairement le deal en attendant un jugement sur le fond.

Cette action en justice ne signe certes pas la mort de l’opération, mais risque d’ores et déjà de la retarder significativement. Lors de leur annonce, les deux groupes avaient fixé un objectif de closing à juillet 2019, mais il dépend aujourd’hui totalement du calendrier judiciaire. En parallèle, il reviendra au Département de la Justice de se prononcer sur cette opération. Et son approbation est loin d’être gagnée car son patron, Makan Delrahim, avait déjà opposé un veto à la fusion à 102 milliards de dollars entre AT&T et Time Warner, qui a finalement été validée par un juge il y a presque un an. Et dans les derniers mois, il a poussé les opérateurs télécoms à céder des actifs pour obtenir gain de cause, afin notamment de recréer un quatrième acteur, ce qui réduirait sérieusement l’avantage d’un mariage pour eux.

Les jeux ne sont donc pas faits ici, mais cette action en justice est un tel camouflet que de nombreuses voix misent sur un retrait du deal par ses géniteurs.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article