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La consolidation du secteur bancaire européen...

Le secteur financier américain, restructuré après la crise, concurrence notre marché mais les obstacles en Europe persistent de sorte que les fusions sont encore impensables pour créer un adversaire crédible.
régulation
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La consolidation du secteur bancaire européen présenterait plusieurs atouts. Primo, une influence économique plus grande au moment où les États-Unis ne cessent de prendre de l'ampleur sur notre propre territoire. Entre 2008 et 2018, la part de marché des banques d'investissement américaines en Europe est passée de 30,8 % à près de 40 %, tandis que celle des banques européennes a reculé de 61,7 % à 55,3 %. Seule HSBC fait encore partie des quinze premières capitalisations bancaires mondiales, alors que l'Europe comptait neuf établissements dans le top 15 il y a dix ans de cela.

Deuzio, dans un contexte historique de taux bas qui lamine les marges des établissements financiers, et d'un durcissement louable de la réglementation qui pèsent sur les bilans, les 5.000 banques européennes gagneraient à s'unir. Selon les résultats d'une étude du cabinet de conseil TNP, à la fin de l'année 2017 la rentabilité des capitaux propres des banques européennes plafonnait à 6 %. C'est 4 points de moins que ce que les banques américaines affichent. Au mois de février, les deux plus grandes banques françaises BNP Paribas et Société Générale annonçaient de fait revoir à la baisse leurs objectifs financiers et promettaient de réduire de 850 millions d'euros les coûts combinés de leurs banques d'investissement, tant l'environnement actuel pèse sur leur rentabilité.

Tertio, l'Europe a besoin de champions européens capables de soulever des financements pour se positionner sur les projets des grandes entreprises internationales, maintenir le tissu industriel européen et bien sûr répondre au défi du financement de la transition énergétique. Mais malgré tous les avantages que promettent des fusions transfrontalières, l'actualité n'est nourrie que de rumeurs stériles. Au lendemain de l'échec de la fusion entre Deutsche Bank et Commerzbank, d'autres évoquent des projets de rapprochement entre Société Générale et UniCredit, UniCredit et Commerzbank, ING et Commerzbank, quand ce n'est pas du suisse UBS dont il s'agit. Et pour cause, les entraves à la consolidation bancaire européenne sont trop lourdes.

D'abord, les ratios prudentiels ne favorisent pas les rapprochements bancaires, puisqu'ils augmentent plus que proportionnellement avec le volume des capitaux pour pénaliser les établissements dits systémiques. Ensuite, les gouvernements et les autorités de supervision nationales restreignent la liberté de mouvement cross border de la liquidité intragroupe, au nom de la résilience domestique. Enfin, malgré certaines avancées sur l'Union des marchés de capitaux, la diversité des politiques fiscales, des spécificités informatiques et des cadres juridictionnels posent encore problème. À titre d'exemple, le Mécanisme de Surveillance Unique (MSU) supervise les banques de la zone euro au travers de 19 cadres juridiques différents. 

"La plupart des défis sont mondiaux et ne peuvent être relevés qu'ensemble", disait Jean Monnet. Alors oui, la pluralité des institutions financières est nécessaire pour servir tout le spectre culturel des clients européens. Mais il faut aussi de la puissance, sans quoi la souveraineté économique européenne s'en trouvera encore dégradée comparativement à nos voisins chinois et américains.

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