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Le comité de Bâle ne baisse pas les bras / Les récentes turbulences bancaires ne constituent pas un problème insoluble

Pablo Hernández de Cos, président du Comité de Bâle, assure que les réformes des normes bâloises ont permis d’empêcher une crise bancaire de plus grande ampleur. Ce qui ne l’empêche pas pour autant de prêcher pour une surveillance renforcée du secteur et un examen régulier de l’efficacité des dispositifs mis en œuvre.
Le printemps a été chargé en turbulences bancaires. Patrick T. Fallon / AFP
Le printemps a été chargé en turbulences bancaires. Patrick T. Fallon / AFP

"Il n’est jamais trop tard pour trouver la voie". En clôturant son dernier discours en date par cette expression, Pablo Hernández de Cos, président du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire et gouverneur de la Banque d’Espagne, a confirmé que les travaux de ses équipes sont loin d’être achevés. Loin de remettre en cause l’efficacité du travail accompli jusque-là, il est " heureux de constater qu’il existe un large consensus pour donner la priorité à la poursuite des travaux visant à renforcer l’efficacité de la surveillance, y compris l’identification des questions qui pourraient mériter des orientations supplémentaires au niveau mondial".

Un Comité de Bâle sur le contrôle bancaire qui se félicite donc "que les réformes de Bâle III déjà mises en œuvre ont contribué à protéger le système bancaire mondial et l’économie réelle d’une crise bancaire plus grave", mais dont le président annonce qu’il poursuivra "ses travaux analytiques de suivi sur la base de données empiriques afin d’évaluer si certaines caractéristiques du dispositif de Bâle ont fonctionné comme prévu pendant les turbulences, telles que le risque de liquidité et le risque de taux d’intérêt".

 

Inflexible

 

Cette volonté de ne pas être dogmatique ne doit pas conduire à l’inaction pour Pablo Hernández de Cos. Ce dernier avance qu’il existe "un accord tout aussi large au niveau du Comité, réaffirmé par le Groupe des gouverneurs et des responsables du contrôle bancaire, sur l’importance cruciale de mettre en œuvre tous les aspects du cadre de Bâle III de manière complète, cohérente et dès que possible". Ce qu’il rend plus explicite en arguant qu’en "d’autres termes, aucun des travaux de suivi des turbulences ne doit interrompre l’impératif de mise en œuvre des normes de Bâle III qui n’ont pas encore été appliquées. À cet égard, le Comité continuera de suivre et d’évaluer la mise en œuvre intégrale et cohérente de Bâle III".

Il n’a pas non plus été question de minimiser les turbulences bancaires qui ont débuté en mars, ces dernières demeurant "le stress bancaire le plus important à l’échelle du système depuis la Grande crise financière (GFC)". Le président du Comité de Bâle rappelant qu’en "l’espace de 11 jours (du 8 au 19 mars 2023), quatre banques représentant un actif total d’environ 900 milliards de dollars ont été fermées, mises sous séquestre ou sauvées. Cette faillite a été suivie, le 1er mai 2023, par celle d’une cinquième banque". Le banquier a mis en rapport ces sommes avec le PIB annuel de l’Espagne, pour les rendre plus concrètes et justifier l’usage des mesures issues de la GFC. Il souligne à quel point il avait "espéré ne pas avoir à recourir aussi fréquemment" à celles-ci.

D’autant plus que l’examen critique de ces derniers mois lui a tantôt permis d’observer "des lacunes fondamentales dans la gestion (de base) des risques bancaires traditionnels (tels que le risque de taux d’intérêt et le risque de liquidité, ainsi que diverses formes de risque de concentration)", ou parfois "une incapacité à comprendre comment les différents risques qui s’accumulaient étaient liés entre eux et pouvaient s’aggraver mutuellement " et encore "des modèles d’entreprise inadéquats et non viables, y compris une focalisation excessive sur la croissance et la rentabilité à court terme (alimentée par les politiques de rémunération), au détriment d’une gestion appropriée des risques". Plus grave encore, il y voit également "une incapacité à répondre de manière adéquate aux commentaires et aux recommandations des autorités de surveillance ".

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