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Macro-économie / Taux / Zombie / BRI / Banque des règlements internationaux

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Zombie / BRI / Banque des règlements internationaux

OCDE : une entreprise sur sept est un zombie

Alors qu’elles représentaient une entreprise cotée sur vingt-cinq dans les années quatre-vingt, leur poids dans quatorze économies de l’OCDE a été multiplié par quatre en moins de quarante ans, explique l’étude de deux économistes de la Banque des règlements internationaux.
BIS - BRI - logo
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Les entreprises cotées structurellement non rentables, incapables de couvrir leurs charges d’intérêts avec le bénéfice avant paiement des intérêts et impôt (Ebitda), défraient la chronique depuis plusieurs années. En effet, alors que les termes "zombie companies" ou "zombie firms" sont apparus, entre autres, dans la presse anglo-saxonne, française, italienne, japonaise et allemande à près de 4.000 reprises sur la période 2005-2015, ce chiffre a triplé sur les cinq dernières années, rapporte la Banque des règlements internationaux (BRI). La nouvelle étude de la Banque centrale des Banques centrales, signée des économistes Ryan Banerjee et Boris Hofmann et qui porte sur quatorze pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), apporte de nouveaux éléments à leur sujet. Alors qu’elles représentaient une entreprise cotée sur vingt-cinq (4 %) dans le milieu des années quatre-vingt, leur poids dans l’économie a été multiplié par quatre et elles en représentent une sur sept (15 %).

L’étude dresse également le portrait-robot de ces entreprises qui partagent nombre de points communs en dehors de leur absence de rentabilité. Par rapport aux autres entreprises, elles sont plus petites, moins productives et se développent moins en termes d'actifs et d'emploi. De plus, elles investissent moins d’un point de vue physique et immatériel bien que dans le même temps, elles apparaissent comme fortement endettées au regard de leur Ebitda par rapport aux autres entreprises. Autre caractéristique cruciale des zombies, les taux d’intérêt dont elles jouissent ne sont pas significativement plus élevés que ceux des entreprises non-zombies, ce que les auteurs de l’étude appellent de la part des banques du "crédit subtventionné".

Il faut savoir qu'à l'instant où ces entreprises deviennent des zombies, la probabilité qu’elles disparaissent relativement aux entreprises non-zombies augmente de deux points de pourcentage chaque année. Si après quatre années passées comme zombies, la probabilité d’échapper à ce statut est de 60 %, l’étude note toutefois que même après avoir "guéri", les anciennes entreprises zombies restent tout de même moins performantes (en termes de productivité, profitabilité ou encore d'emploi) que les autres et une rechute est plus que probable. En effet, en 2017, la probabilité de devenir une entreprise zombie était de 17 % - proportion qui a plus que triplé en une décennie -  soit une probabilité trois fois supérieure pour les anciennes entreprises zombies que pour celles qui ne l’ont jamais été. 

Ces chiffres sont plutôt inquiétants pour des entreprises qui, rappelons-le, sont une véritable plaie pour la croissance économique. En ne disparaissant pas du marché, elles capturent des ressources rares telles que l'emploi et le crédit et en évincent ainsi (crowding out effect) les entreprises concurrentes plus productives et novatrices, à l'origine, elles, de la croissance économique. À l'heure où les plans de soutien budgétaires arrosent à tout va le tissu productif, les États sont confrontés à un délicat arbitrage résumé ainsi par la BRI : "Il faut chercher à consolider les entreprises qui seraient viables dans des circonstances moins extrêmes, tout en ne freinant pas excessivement le dynamisme des entreprises en protégeant celles qui sont déjà faibles et improductives."

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